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Prendre des vessies pour des lanternes
J'ai débuté ma vie d'adulte au tournant des années 80, foutu merdier sociétal, alors que premier référendum sur la souveraineté du Québec se plantait et qu'une crise économique sans précédant faisait éclater la bulle confortable des années dorées de l'après-guerre.
L'économie venait de terminer un autre de ses cycles de 30 ans : de 1945 à 1975, le plein emploi cédait la place à une crise des combustibles fossiles, à la montée du néo-libéralisme et de la nouvelle droite. Reagan et Thatcher allaient remettre au goût du jour les théories monétaristes de l'école de Chicago, mettre au pas la montée de la guérilla en Amérique du Sud et donner un coup de pouce à la décomposition de l'empire soviétique. Nous venions de basculer dans une nouvelle ère : la marchandisation des consciences venait de prendre la place du fameux procès historique, au sens où l'entendaient justement Hannah Arendt et l'École de Frankfort.
Depuis, les cotes d'écoutes règlent l'agenda médiatique, les compulsifs de la finance jouent au casino de la bourse et le marketing a remplacé la psychologie des masses. Le bon docteur Goebbels aura servi à fournir à l'industrie de la propagande (publicité-marketing-et consort) ses armes afin d'asservir les consciences. Tout le reste n'est que baliverne d'intellectuels de salon. Salons de thé ou de massage ?..
Les baby-boomers ayant récupéré la mise pour leur retraite, une généreuse crise larvée nous pend au bout du nez. Plus qu'une récession, c'est une bombe à retardement planétaire qui menace d'exploser à tout moment. Gaz à effets de serre, bulle spéculative, destruction de l'appareil industriel occidental, montée en flèche des conflits armés, consolidation de la sphère armement/stupéfiants/pornographie.
Les seigneurs de la guerre règnent, Bush représente le dernier représentant de la dynastie des Césars américains, un horrible Caligula ou un Néron sans pitié verront le jour ... alors que la répression frappera de l'intérieur les consommateurs nord-américains. En fait, la notion de consommateur - tel qu'anticipé par Adorno et consorts - a bel et bien remplacé celle de citoyen. Et les papy-boomers pourront bien prendre du viagra, les jeunes étudiantes universitaires n'auront plus le temps de faire l'amour. En fait, on aura fermé les garderies pour proto-adultes, il faudra travailler à la sueur de son front à 25 cennes de l'heure, CHINE oblige.
En fait, tout ce qui reste de MAI 68, c'est l'horrible rictus de Mao Tsé Toung sur les sérigraphies pops du plus grand faussaire de tous les temps : Andy Warhol. La dictature communiste et le néolibéralisme se sont tendu la main par l'entremise de la culture pop des années 60, alors que les banquiers et les éperviers de la finance signaient l'arrêt de mort de la démocratie.
MAI 68 ne signifie pas un regain de liberté, ce fut, bien au contraire, un moment détonateur annonçant l'ère de Big Brother. Les Wal-Mart de ce monde venaient de conclure un pacte avec le démon chinois. Nous rappelant que le communisme et le capitalisme étant les deux faces de la même monnaie de singe. Quand le progrès technique décapite l'esprit de la cité : laissant les citoyens drogués aller à la dévire du consumérisme.
