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«Obtenir l'obéissance...»
Quelle idée saugrenue !
Comme le disait mon père avant moi :
«J'ai pas besoin de vous pour me gouverner,
je suis parfaitement capable de me gouverner moi-même.»
Presque tous les gens cités dans l'article
analysent ce mouvement en le considérant de l'extérieur.
C'est comme les «Médias freaks» des années soixante
qui aimaient bien avoir leur face dans les journaux
et prétendaient parler au nom du mouvement
mais n'ont rien pu dire d'utile
puisqu'ils n'en faisaient pas vraiment partie.
Evidement le mouvement n'a pas pris la peine
de remettre les pendules à l'heure
ce qui fait qu'encore aujourd'hui
certaines personnes peuvent écrire des sornettes telles que :
«Après tout, c'est facile de dire "fuck le travail" quand tu es étudiant, "fuck la famille" quand tu n'as pas d'enfant... »
Bien sûr qu'on a dit «Fuck le travail».
Mais on était déjà plus étudiants parce qu'on avait décroché
et tout en continuant de faire l'éloge de la paresse
on a travaillé toute notre vie aussi fort que n'importe qui
et plus fort que bien d'autres.
Bien sûr qu'on a dit «Fuck la famille».
Mais on a eu plein d'enfants
et on s'en est occupés comme il faut
dans toutes sortes de situations familiales.
Et on les a élevés en recourant à l'amour, pas à l'autorité.
Vous demandez : «Que reste-t-il de l'esprit de 68 ?»
Vous vous répondez vous-mêmes :
«Au plus fort de la guerre du Vietnam, il y avait autour de 2 500 protestataires pacifistes dans les rues de Montréal. La foule a gonflé à 250 000 personnes contre la guerre en Irak en 2003.»
Nous n'étions que quelques milliers à l'époque,
nous sommes beaucoup plus nombreux maintenant.
Mais, les journalistes n'arrivent pas à nous cerner
mieux aujourd'hui qu'il y a 40 ans.
Des vieux qui trippent sur les jeunes filles,
il y en a eu à toutes les époques
et ce n'est pas une caractéristique
qui peut servir à définir notre groupe plus qu'un autre.
Dans «amour libre» le mot important, c'est liberté.
Quand on dit : «Faites l'amour, pas la guerre»
ce n'est pas une question de lâcheté
mais de responsabilité.
Si vous voulez vraiment parler de l'impact
des marginaux et de la contre-culture dans la société,
commencez par imaginer où vous seriez rendus maintenant
si nous n'avions pas été là à l'époque.
«Dès les années 1950, elle notait que notre civilisation serait bien mal en point quand la critique de l'autorité triompherait dans les sphères non politiques, celles du savoir et de l'éducation notamment.»
Ben là chérie, notre civilisation EST très mal en point
et c'est justement les autorités qui nous ont amené là
et elles semblent bien incapables de redresser la situation.
Nous n'avons pas seulement critiqué,
nous avons aussi proposé des solutions
et nous les avons mises en pratique.
C'était la bonne chose à faire il y a 40 ans,
ça l'est encore aujourd'hui
Serge Grenier
