Réacteur nucléaire en Syrie - El-Baradeï, mécontent des cachotteries, va faire enquête
Mots clés : AIEA, Mohamed el-Baradeï, États-Unis (pays), Syrie (pays)

Photo: Agence Reuters
«Le directeur général déplore que l'information [sur ces allégations] n'ait pas été fournie à l'Agence à temps, conformément aux responsabilités de l'Agence dans le cadre du Traité de non-prolifération [TNP], afin de lui permettre de vérifier la véracité de ces informations et d'établir les faits», a souligné l'AIEA dans un communiqué hier. Mais la Syrie, qui a affirmé que le raid israélien n'avait fait que détruire un «bâtiment militaire désaffecté», a également essuyé les critiques de M. el-Baradeï. Il lui a rappelé ses obligations d'avertir l'AIEA de tout projet ou toute construction d'installation nucléaire conformément à l'accord sur les mesures de sauvegarde conclu avec l'AIEA.
De même, la France a demandé à la Syrie de faire «toute la lumière» sur ses activités nucléaires, après ces accusations américaines.
Après avoir été informé jeudi par Washington de cette affaire, Paris a estimé qu'il «était indispensable que la Syrie fasse toute la lumière sur ses activités nucléaires passées et présentes, conformément à ses obligations internationales, en particulier à l'égard de l'AIEA», selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Pascale Andreani.
Par ailleurs, M. el-Baradeï a dénoncé «l'utilisation unilatérale de la force par Israël» dans cette affaire, ce qui «compromet le processus de vérification qui est au coeur même du régime de non-prolifération». Cela dit, l'agence atomique va traiter ce dossier «avec le sérieux [qu'il] mérite et va enquêter sur la véracité de l'information», selon le communiqué.
L'affaire a éclaté jeudi après les déclarations d'un responsable américain de la sécurité nationale devant le Congrès sur la destruction d'un réacteur nucléaire en construction en Syrie par un raid aérien israélien le 6 septembre 2007. Ce réacteur était sur le point d'être achevé mais n'avait pas encore été muni de combustible à l'uranium, selon les Américains. La Maison-Blanche avait, par la voix de son porte-parole Dana Perino, expliqué qu'elle avait «toutes les raisons de croire que le réacteur, qui a été endommagé au-delà du réparable le 6 septembre, n'était pas destiné à des fins pacifiques».
L'AIEA, de son côté, a souligné hier que, selon les informations fournies par Washington, «le réacteur n'était pas encore opérationnel et aucun matériau nucléaire n'y avait été introduit». Enfin, l'ambassadeur de la Syrie aux États-Unis, Imad Moustapha, a rejeté vivement les nouvelles accusations américaines : «La dernière fois que des hauts responsables de l'administration américaine sont allés au Conseil de sécurité de l'ONU et ont évoqué des preuves flagrantes d'armes de destruction massive, ils parlaient des armes de destruction massive irakiennes», dont l'existence n'a jamais été démontrée, a-t-il relevé.

