Mario Dumont veut pouvoir parler d'immigration comme il l'entend

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La Presse canadienne
Édition du samedi 26 et du dimanche 27 avril 2008

Mots clés : Maka Kotto, Mario Dumont, Parti politique, Immigration, Québec (province)

Mario Dumont

Photo: Agence Reuters

Le chef adéquiste Mario Dumont a revendiqué hier le droit de discuter de toutes sortes de questions, même les plus sensibles, comme celle de l'immigration. Il a accusé la chef péquiste Pauline Marois de manquer de leadership en ne rappelant pas à l'ordre son candidat Maka Kotto, dans le comté de Bourget, et d'avoir entériné la hausse du nombre d'immigrants prévue par le gouvernement libéral.

Le candidat Kotto a qualifié de «lepéniste», ce qui équivaut à l'extrême droite en France, avec Jean-Marie Le Pen, les panneaux publicitaires adéquistes au sujet de l'immigration.

Cette publicité de l'Action démocratique du Québec (ADQ) déployée dans les circonscriptions électorales de Bourget et de Pointe-aux-Trembles indique que le bilan péquiste-libéral constitue un recul du français à Montréal et, un peu plus bas, on peut lire «hausse de l'immigration de 22 %». Ces quelques lignes sont suivies de la proposition adéquiste suivante: «politique nataliste et gel du seuil d'immigration».

«Maka Kotto dérape dans le comté de Bourget et Pauline Marois ne l'a pas rappelé à l'ordre par rapport à des propos incroyables, inacceptables», a lancé M. Dumont, qui a plaidé la pureté de ses intentions.

«On est préoccupés par le fait qu'au cours des dernières années, l'intégration des immigrants est moins réussie, de plus en plus difficile, parce qu'on a augmenté de façon radicale les seuils tout en coupant les cours de français et le soutien aux organismes et les différents mécanismes d'intégration», a-t-il fait valoir.

«La récente décision du gouvernement d'augmenter le seuil [de 45 000 personnes actuellement] d'encore 10 000 personnes sans mettre en place des efforts d'intégration supplémentaires est une erreur», a-t-il poursuivi.

Le ministère de l'Immigration a autorisé une hausse annuelle du seuil d'immigration pour le porter à 55 000 en 2010.

M. Dumont estime plutôt que la solution à privilégier se trouve d'abord du côté des Québécois eux-mêmes, par l'augmentation du nombre d'enfants.

De son côté, à Québec, la ministre de l'Immigration, Yolande James, a accusé l'ADQ d'alimenter les préjugés à l'égard de l'immigration alors que, selon elle, les Québécois doivent être plus sensibilisés à la contribution des immigrants.

«Je ne vois pas comment un parti peut défendre une publicité qui alimente les préjugés», a-t-elle affirmé.

La ministre de l'Immigration a fait ces commentaires hier, en réaction à la publication du sondage du Léger Marketin - Devoir révélant que plus de la moitié des Québécois (51 %) estiment, à l'instar de M. Dumont, que la capacité d'accueil et d'immigration a été atteinte au Québec.

Mme James a fait valoir que la faible croissance démographique nécessite l'apport des immigrants à la société québécoise.

Pour sa part, la chef péquiste a refusé de commenter les résultats du sondage et s'est limitée à dire qu'elle s'inquiétait du message de l'ADQ sur la question de l'immigration, qu'elle juge «très ambigu».

Cela dit, elle a insisté sur la nécessité pour le gouvernement d'offrir des services de francisation aux nouveaux Québécois susceptibles de les aider à s'intégrer, à se familiariser avec les habitudes de vie et la culture francophone québécoise, de façon à ce qu'ils s'intègrent mieux.


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