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Idée brillante, M. Pierre François Gagnon!
Mais il faut bien examiner sa portée. Mon voisin Douzien Tremblay vient de Saguenay et mon autre voisin Ibrahim Rashid est, comme moi, un immigrant.
Lors de la grande distribution de la nationalité française, M. Tremblay pourra aisément produire une « Attestation de vieillesse ou de vétusté de sa souche », tandis que M. Rashid et moi, tintin, nous ne pourrons pas le faire. Pourtant, contrairement à M. Rashid qui est assez typé, je suis blanc de peau, je danse la gigue, je peux parler joual, je sais sacrer en québécois, j'ai une ceinture fléchée, j'aime le caribou, je suis né dans un autre pays colonisé par la France et, si je fais un effort, j'irai peux même manger de la poutine, comme n'importe quel Québécois de vieille souche. Et pour corser le tout, ma conjointe est Québécoise de vieille souche. Résultat : M. Tremblay devient Français, ainsi que ma conjointe, alors que M. Rashid et moi, nous restons sur la touche.
Ridicule! Une telle mesure ne ferait qu'élargir le fossé qui existe déjà entre le « nous » et le « eux ».
Vous êtes-vous demandé si la France veut de vous M. Gagnon? Quelle est la proportion de Québécois de vieille souche qui souhaitent obtenir la nationalité française? Et la mesure s'appliquera-t-elle aux Franco-Manitobains, aux Franco-Ontariens, etc.?
C'est malheureux d'entendre de tels propos en 2008! Et puis les Québécois de souche se plaindront de ce que les immigrants préfèrent apprendre l'anglais au lieu du français pour pouvoir se barrer plus vite de la belle province...
Repartez à votre planche à dessin, M. Gagnon, et proposez-nous une idée moins sotte et grenue, plus réaliste.
