Monsieur Merven incite les Québécois à se retrousser les manches et à s'épanouir au sein de la fédération, puisque, ajoute-t-il, ils ont bien des choses à en tirer. C'est là méconnaître l'histoire. C'est exactement ce que font les Québécois depuis 1867, continuant la résistance à l'assimilation culturelle et linguistique amorcée depuis la conquête. Si, il y a maintenant quatre décennies, une forte minorité d'entre eux se sont mis à lutter pour la souveraineté politique du Québec, c'est justement parce que ces efforts n'ont pas donné le résultat attendu, c'est-à-dire une autonomie suffisante pour assurer l'avenir dans une mer de langue et de culture différentes. Ignorer l'histoire n'empêchera pas le Québec de lentement disparaître, c'est-à-dire de troquer sa culture et sa langue pour la culture anglo-américaine et la langue anglaise. Mais ça, les fédéralistes ont toujours eu l'intelligence de ne pas le dire lorsqu'ils veulent nous vendre les mérites de la confédération.
Roland Berger
St-Thomas, Ontario