Semaine de la critique française - Pleins feux sur les jeunes auteurs européens
Mots clés : Europe, Cannes, Festival et fête, Cinéma, France (pays)
Paris -- La 47e Semaine internationale de la critique, du 15 au 23 mai dans le cadre du 61e Festival de Cannes, donnera un coup de projecteur à de jeunes cinéastes de toute l'Europe dans sa programmation dévoilée hier, après une édition 2007 très latino-américaine.
«Il y a un véritable renouveau du cinéma européen, venu de l'Europe de l'Est mais aussi de la Scandinavie, de l'Allemagne, de l'Italie ou de la Grande-Bretagne, qui ose s'attaquer à tous les genres et n'a pas peur de s'amuser», a-t-il ajouté.
Mais c'est l'israélien Le Septième Jour, deuxième volet d'une trilogie familiale cosignée par l'actrice Ronit Elkabetz et son frère Shlomi, qui ouvrira la programmation de la plus ancienne des sections parallèles du festival, née en 1962.
Le long métrage «s'ouvre sur l'enterrement d'un oncle et raconte les sept jours de deuil de la famille réunie dans sa maison», dit M. Berjon, séduit par ce film au ton «très noir, troublant et grave, mais avec toujours une note décalée, presque burlesque».
Sur les sept films en compétition, cinq concourent pour la Caméra d'or, qui sacre le meilleur premier film, toutes sections confondues -- remportée en 2007 par Les Méduses, d'Edgar Keret et Shiron Geffen, montré à la Semaine.
Parmi eux, le Britannique Duane Hopkins signe Better Things, un premier film d'une «réussite formelle folle, brillantissime» qui offre une «suite de portraits d'adolescents d'une région rurale anglaise confrontés à l'amour, à la drogue», selon M. Berjon.
«Le travail sur la photographie est si âpre, le regard du cinéaste si dense, qu'on a en permanence l'impression qu'il va se passer quelque chose», a-t-il estimé.
Plus grand public, Moscow Belgium, premier film du Flamand Christophe van Rompaey, est une «comédie romantique à l'humour ravissant, avec aussi un poids social, un peu à l'anglaise, sur un couple séparé et la possibilité d'un nouvel amour», a noté M. Berjon.
Venu d'Allemagne, L'Étranger en moi, d'Emily Atef, dresse le portrait «bouleversant, profond, tout en délicatesse» d'une jeune femme heureuse d'être enceinte, qui éprouve néanmoins «un rejet total» pour son enfant une fois celui-ci né.
«C'est un film très habile, avec tout un jeu de fausses pistes, qui force la réflexion sur un drame qui peut arriver à tout le monde», a souligné le délégué général.
Omniprésente avec huit oeuvres l'an dernier, l'Amérique du Sud sera encore représentée par La Sangre brota, de l'Argentin Pablo Fendrik, un jeune cinéaste «au talent exceptionnel», selon M. Berjon, que la Semaine accueille deux années de suite: en 2007 il y avait dévoilé son film El Asaltante.
Elle aura aussi l'honneur de clore la Semaine avec Desierto adentro, qui mêle animation et images réelles, et a déjà valu à son auteur, le Mexicain Rodrigo Pla, plusieurs prix au Festival de Guadalajara (Mexique).
Les trois autres oeuvres en compétition sont des premiers films signés par des femmes, la Française Ana Novion présentera Les Grandes Personnes avec Jean-Pierre Darroussin et Judith Henry, Aida Begic viendra avec Snow (Bosnie-France) et Valeria Gaia Germanica dévoilera Everybody Dies but Me (Russie).
Cette année, chaque long métrage projeté sera précédé d'un des sept courts en compétition, venus de France, de Hongrie, du Canada, des États-Unis, ou encore du Brésil.

