Des extraterrestres envahissent Montréal
Mots clés : Science, Musée, Centre des sciences, Montréal
Le Centre des sciences présente les plus célèbres êtres bizarroïdes qui peuplent l'imaginaire des humains

Photo: Pedro Ruiz
Après avoir fait la connaissance des extraterrestres les plus célèbres qui ont peuplé l'imaginaire des humains, on rencontre certaines des créatures les plus bizarres qui vivent sur notre planète, mais souvent dans des coins reculés où les conditions environnementales sont extrêmement rudes.
On peut voir par exemple le grandgousier et le vampire des enfers, qui habitent dans les profondeurs abyssales des océans, ainsi que des bactéries extrémophiles qui vivent dans la roche, dans les lacs salés asséchés, dans les sources chaudes ou au sommet de l'Himalaya, des milieux où les températures sont proches de celles de l'azote liquide ou de l'eau bouillante quand ils ne sont pas bombardés par des radiations 3000 fois supérieures à celles qui peuvent tuer un humain.
Ces êtres étranges qui ont peuplé la Terre aux côtés des humains nous permettent de croire que la vie a pu émerger ailleurs que sur notre planète, fait remarquer Michel Groulx, directeur des contenus au Centre des sciences de Montréal.
On nous fait aussi comprendre qu'il ne serait pas étonnant de découvrir un jour que les extraterrestres ont des yeux, des oreilles ou des ailes, car ces structures appartenant à des formes de vie terrestres ont suivi des dizaines de parcours évolutifs différents.
Par la suite, au moyen d'une grande table interactive, on nous met au parfum des différentes expéditions spatiales visant à trouver des formes de vie extraterrestres sur Mars, Vénus, Europa (une des lunes de Jupiter) et Titan (le plus gros satellite de Saturne). Eh oui, les scientifiques sont légion à penser qu'il existe probablement de la vie ailleurs dans l'univers, quelque part dans l'une ou l'autre des 200 milliards de galaxies, qui contiennent des milliards d'étoiles et peut-être autant de planètes.
Mais le clou de l'exposition est sans nul doute la reconstitution d'écosystèmes évoluant sur deux planètes imaginées par des exobiologistes et astronomes réputés, à qui on a demandé de concevoir deux mondes plausibles où il pourrait y avoir de la vie.
Il nous est donc permis de découvrir ces délires scientifiques au moyen de deux grands paysages projetés sur des écrans tactiles qui permettent d'en apprendre davantage sur les habitudes de vie et les comportements des créatures fantastiques qui les habitent. Satellite d'une géante gazeuse, Lune Bleue -- une des deux planètes inventées -- est parsemée de volcans très actifs qui crachent des concentrations de gaz carbonique jusqu'à dix fois plus élevées que sur la Terre. En raison d'une atmosphère trois fois plus dense que celle entourant la Terre, des baleines volantes de dix mètres d'envergure glissent dans un ciel rempli de plancton volant sans jamais se poser. Parmi les arbres pagodes brandissant leur feuillage à près d'un kilomètre de hauteur, les plantes-ballons flottent au gré du vent grâce à l'hélium qui gonfle leurs pétales.
Et parmi cette flore à la croissance accélérée en raison de la forte concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère voltigent des «punélices», de petits animaux volants de la taille d'un colibri et dont la conformation trilatérale (à trois côtés) les distingue totalement de la faune terrestre, caractérisée par la symétrie bilatérale.
Soulignant avec un brin d'ironie l'anthropocentrisme des humains, le dernier volet de l'exposition est consacré aux diverses communications que les Terriens ont tenté d'établir avec de possibles extraterrestres. On nous présente notamment une réplique de la plaque d'or sur laquelle apparaissent les représentations d'un homme, d'une femme, du système solaire et d'un atome d'hydrogène, placée à bord de la sonde Pioneer 10, laquelle fut lancée en 1972 en direction de l'étoile Aldébaran, qu'elle devrait atteindre dans environ deux millions d'années. «Nous n'arrivons même pas à communiquer avec les dauphins et à nous comprendre à l'intérieur de notre propre espèce, alors comment peut-on imaginer que des extraterrestres arriveront à décrypter ces messages?», lance avec un pointe d'humour Michel Groulx.
Une console invite finalement les visiteurs à lancer aux extraterrestres qui peuplent l'univers leur photo accompagnée d'un message de leur cru. «Êtes-vous drôles?», leur a écrit une jeune visiteuse lors de notre passage.
- Extra ou terrestres?, Centre des sciences, Vieux-Port de Montréal. 514-496-4724, 1 877 496-4724, www.centredessciencesdemontreal.com.
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