¡Caramba !

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François X Côté
Édition du vendredi 25 avril 2008

Mots clés : Restaurant Caramba, Alimentation, Restauration, Mexique (pays), Québec (ville)

Le restaurant Caramba, à Québec, se décline dans un décor de fiesta mais dans une atmosphère calme. Photo: François X Côté

Un restaurant mexicain installé à un jet de calotte du Dagobert peut facilement donner l'impression d'être un comptoir à tacos pour ados en fin de party. Ce préjugé psycho-géographique m'a fait hésiter pendant des années à passer le seuil du Caramba. Quelle erreur!

La petite maison qui héberge le restaurant est un ovni dans le secteur. Elle est une des rares preuves qu'il y a eu une vie de quartier entre la Grande-Allée et le boulevard René-Lévesque. C'était avant que Québec ne se prenne pour une métropole nord-américaine et se réveille de son trip, quelques années plus tard, dans une coulée de béton allant du Bunker jusqu'au Grand Théâtre.

Comment cette modeste habitation du 1155, rue de la Chevrotière a survécu au ravage demeure un mystère. Il devait y avoir un pli dans le plan du démolisseur. Ou bien un groupe de défenseurs du patrimoine s'était barricadé là le temps que ça se tasse. Sais pas.

Débauche de couleurs

Dès qu'on entre au Caramba, on sourit. Il faut être daltonien, et encore, pour demeurer indifférent devant une telle débauche de couleurs. C'est chargé d'objets: sombreros, figurines, drapeaux, piñatas. Parfait cliché du Mexique exubérant et excessif. Il ne manque que des mariachis empaillés. L'endroit est un peu sombre, vu l'encaissement de la rue, mais ça va.

Le Caramba est ouvert depuis 2001. Son propriétaire, Carlos Angulo, roulait sa bosse depuis une vingtaine d'années dans différents restaurants de Québec lorsqu'il a fait le grand saut.

Même en comparaison du début des années 1990, il se réjouit de la disponibilité des produits frais dont nous jouissons aujourd'hui. Il n'y a pas si longtemps, des herbes comme la coriandre fraîche, élément essentiel de la cuisine mexicaine, s'avéraient difficiles à obtenir. Désormais, tout est cultivé dans la région.

Ce qui distingue le Caramba des autres restaurants latinos de Québec, c'est son côté un peu plus raffiné. Ce n'est pas de la grande gastronomie, mais c'est plus abouti qu'ailleurs. Il y a bien des fajitas et des tacos au menu, mais ce sont d'abord les plats mijotés, les assiettes élaborées, qui sont à l'avant-plan.

Ce menu se décline assez rapidement: quelques entrées, des assiettes de mets combinés et, enfin, les spécialités de la maison. En entrée, on retrouve des classiques sans prétention (quesadillas, taquitos, guacamole). S'y ajoutent des ceviches aux fruits de mer et trois soupes (du jour, haricots et chorizo, tortillas et poulet).

Les spécialités vont du suprême de volaille à la sauce achioté au poulet molé en passant par les plats de fruits de mer, la paella, etc. Les plats combinés, au nombre de trois, pigent dans toute la carte pour en offrir un panorama étendu. Le choix de vins est sans grand intérêt.

En entrée, nous avons opté pour un guacamole et des escabèches de crevettes. Le guacamole manquait un peu de sel, ce qui a facilement été rectifié. Les crevettes en marinade étaient pour leur part excellentes: portion abondante, généreuse en crevettes, et belle finesse dans l'assaisonnement.

Un peu d'inspiration

Pour le plat principal, le gigot d'agneau et la paella nous avaient été recommandés comme des valeurs sûres. Malheureusement, pas de grande surprise. Le gigot avait un petit côté relevé «à la mexicaine», la portion était abondante mais l'ensemble un peu morne. Rien à redire sur la cuisson, cela manquait juste un peu d'inspiration.

La paella était satisfaisante, bien que ça laisse un peu pantois de se retrouver devant un format individuel quand on connaît l'essence communautaire du mets.

Encore ici, l'abondance était au rendez-vous. De gros morceaux de chorizo et de saumon, ainsi que plusieurs belles crevettes, parsemaient le plat. Lors d'un prochain passage, il faudra essayer le poulet molé.

Au dessert, petite déception. Un choix de gâteau (chocolat noir ou chocolat blanc) et des profiteroles, tous assez ordinaires. D'ailleurs, le menu ne fait pas mention de desserts. Rien de sucré à la mexicaine. Un café filtre de circonstance a conclu ce repas du reste charmant.

En résumé, le Caramba a de la personnalité et une bonne dose d'originalité. Un peu de duende, quoi. Parfait pour celles et ceux qui s'extirpent du béton des environs sur l'heure du dîner, en quête d'un peu de piment pour leur journée. Ou pour tous les autres qui se retrouvent un jour sur la Grande-Allée avec un désir de simplicité à combler.

- Restaurant Caramba, 1155, rue de la Chevrotière, Québec, 418 523-919.

- Cuisine: mexicaine.

- Ambiance: décor de fiesta, mais dans une atmosphère calme.

- En résumé: un établissement mexicain qui fait autre chose que du fast-food.

- Les plus: chaleureux, généreux, à la bonne franquette.

- Les moins: certains plats manquent un peu de personnalité et gagneraient à être revus.

- À la carte: entrées de 5,95 $ à 7,95 $. Plats principaux de 17,95 $ à 21,95 $.

- Autres: tables d'hôte, activités culturelles sporadiques, écrans géants, accueil de groupes.

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Collaborateur du Devoir


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