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Choc pétrolier? Non, pic pétrolier!

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Georges Hayduke
Envoyé Le jeudi 24 avril 2008 14:00



Nous avons atteint le pic pétrolier. Désormais, le pétrole va coûté de plus en plus cher, sans jamais diminuer. Cette affirmation est confirmée par Sadad Al-Husseini, l'ex-numéro 2 de l'Aramco, société pétrolière nationale de l'Arabie Saoudite. Dans une entrevue qu'il donnait au journal Le Monde le 16 novembre 2007, il disait entre autres ceci :

"L'OPEP [qui dispose officiellement de 75 % des réserves planétaires] ne peut pas dégager de capacités de production supplémentaires au cours de la prochaine décennie."
(...)
"La hausse des prix de l'énergie ne crée pas de nouvelles opportunités de production, parce que les nouvelles ressources en pétrole et en gaz naturel sont beaucoup plus difficiles à trouver et à développer."
(...)
Deuxième affirmation de M. Husseini : les réserves pétrolières sont "exagérées" de 300 milliards de barils. Coupables, selon lui, certaines "compagnies pétrolières, l'Agence internationale de l'énergie et l'administration américaine [qui] (...) ont cyniquement exagéré les capacités de production de l'OPEP. Il s'agissait d'exercer une pression politique sur les pays de l'OPEP, afin de permettre aux compagnies internationales de s'implanter sur leur territoire".

L'ancien vice-président de l'Aramco pointe également du doigt certains des pays partenaires de l'Arabie saoudite au sein de l'OPEP, "qui ont laissé circuler des estimations spéculatives [de leurs réserves] ne reposant sur aucune analyse technique, et dont les déclarations sur leurs réserves prouvées répondent à des décrets politiques"."Nous savons cela, poursuit-il, parce que [ces pays] n'avaient pas de programme d'exploration ou de développement en cours mais déclaraient pourtant des réserves supplémentaires année après année."
Peut-on revenir à des évaluations plus "réalistes", selon sa propre expression, de la quantité de pétrole qui reste encore exploitable ? "Peu de pays de l'OPEP sont prêts à le faire, en particulier si cela revient à réduire le montant de leurs réserves de pétrole, au lieu de les augmenter !"
(...)
En conséquence, Sadad Al-Husseini juge que le prix du pétrole ne peut que continuer à monter. "La situation est analogue à celle d'un réservoir d'eau que l'on pomperait plus vite qu'il ne se remplit", résume-t-il. "Bien sûr, la spéculation est à l'origine de certaines augmentations des prix du pétrole", concède le Dr Husseini. "Cependant, l'escalade logique des prix depuis 2002 indique aussi que les extractions de pétrole sont fondamentalement limitées", tranche le pétrogéologue.
(...)
Sadad Al-Husseini conclut : "Plus vite nous réaliserons que les extractions de pétrole ne peuvent augmenter indéfiniment, plus vite nous rechercherons des options énergétiques alternatives et soutenables, et nous éviterons ainsi des folies tragiques telles que l'occupation de l'Irak, et d'autres mésaventures similaires."

Sources : Le Monde et http://www.terredebrut.org/article-13946373.html

Également, Le Wall Street Journal qui titrait le 19 novembre 2007 :

"Un nombre grandissant de capitaine de l'industrie pétrolière endossent une idée longtemps considéré comme marginale : le monde s'approche d'une limite matérielle du nombre de barils de pétrole brut qui peuvent être pompés chaque jour. Certains prédisent que, en dépit de la soif de pétrole qui s'accroit rapidement, les producteurs pourraient atteindre ce plafond dès 2012. Cette limite approximative- dont deux responsables industriels ont récemment placé à 100 million de baril par jour -est largement en dessous des projections de demande mondiale pour les prochaines décades."

À quand un dossier complet et sérieux sur la situation énergétique dans le monde (particulièrement sur le pétrole) dans un grand quotidien québécois, au Devoir, pourquoi pas? Et, de grâce, pas le sempiternel reportage jovialiste sur les énergies renouvelables ou l'entrevue avec l'homme de la rue qui bougonne quand il fait le plein d'essence!

Nous ne commençons qu'à voir le début des conséquences de la fin de l'énergie à bon marché avec la crise alimentaire et les guerres en Afrique et au Moyen-Orient. Imaginez ce que se sera dans 10 ans!

"Au début il [le pic pétrolier] sera nié. Il y aura des mensonges et des embrouilles. Alors les prix monteront et la demande diminuera. Les riches vont surenchérir pour le pétrole disponible. Initialement il semblera que le système s'équilibrera à nouveau. La ruée sur le gaz sera plus frénétique. Les gens se rendront compte qu'il faut dix ans pour construire une centrale nucléaire. Ils se rendront aussi compte que les [énergies] renouvelables sont vraiment marginales et demandent beaucoup d'énergie pour être construites. Il y aura une ruée sur les véhicules et équipements énergétiquement plus efficaces. Les pauvres n'auront plus les moyens de se payer ces équipements ou les combustibles.

L'exploration et l'exploitation du pétrole et du gaz deviendront complètement frénétiques. De plus en plus de pays décideront de garder pour eux leurs réserves de pétrole et de gaz. La qualité de l'air sera ignorée tandis que la production et la consommation de charbon s'accroîtront à nouveau. Une fois le déclin vraiment entamé, la production de [tous les liquides issus du] pétrole va implacablement chuter de 5% par an. Les prix de l'énergie augmenteront impitoyablement. L'inflation deviendra endémique. Les guerres pour les ressources éclateront."

Sources : ASOP, mars 2002 (Rapport Nemesis), http://wolf.readinglitho.co.uk/francais/fpages/faftermath.html

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