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J'ose croire que ce n'est seulement du capital politique!

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Isabelle Grondin
Envoyé Le jeudi 24 avril 2008 13:00



J'ose croire que vous voulez vous assurer le vote de ces employés venant de perdre leur emploi ce qui va de soi, je saurais vous le pardonner.

J'ose croire que vous êtes conscients que l'argent fait cruellement défaut, que les télévisions généralistes n'ont pas accès aux redevances, que le Fonds Canadien de Télévision est difficilement accessible pour une joueuse comme TQS à qui on n'accorderait pas un sou si elle diffusait «Beautés désespérées», «Chère Betty» ou «Lost» n'étant du contenu canadien que pour une seule télévision...

J'ose croire que vous savez l'importance de mettre au petit écran nos vedettes afin d'assurer un star système qui fera vivre le 7e art.

J'ose croire que vous êtes conscients que les plateformes de diffusion se multiplient donnant du fil à retorde afin de s'assurer le budget publicitaire des annonceurs qui est la principale source de revenus pour les télévisions généralistes, source qui est même convoitée par une télévision publique plus que subventionnée.

J'ose croire que vous savez que l'heure en est à la télévision spécialisée, TQS est apparue dans notre décor télévisuel en même temps que cette télévision, ne faut-il pas la remercier d'avoir tenté l'expérience de la télévision généraliste et de toujours vouloir continuer dans cette voie ?

J'ose croire que vous savez qu'Internet est un gros joueur encore difficile à contrôler, que le CRTC tente d'avoir un peu de vision malgré leur peu de moyens d'intervention. Ne voyez-vous pas que le marché gris est à nos portes ? Aucune loi, comme la Cour suprême nous l'a rappelé dans l'affaire Euro-Excellence Inc. c. Kraft Canada Inc., ne peut empêcher le «grey marketing», qu'en sera-t-il pour le contenu ? Et vous vous voulez instaurer un système de régulation croyant pouvoir mieux faire que le CRTC !

J'ose croire que vous savez comprendre le fait que les créanciers de TQS semblent être prêts à accepter 20 cents par dollar afin d'interpréter les enjeux du milieu de la production de contenu et la place importante de TQS.

J'ose croire que vous savez discerner entre les nouvelles de TQS et celles de TVA et de Radio-Canada, sinon pourquoi ne pas vous lancer dans cette aventure avec Télé-Québec et, de là, peut-être «Qu'il va y avoir du sport» reviendra à nos écrans la saison prochaine !

Enfin, j'ose croire que vous savez ce que vous faites, que vous avez plus de suite dans les idées que vous n'en laissez paraître.

J'ose croire que, demain, je lirai sur le site web du Devoir la suite de l'intervention des politiciens à l'effet que cette décision est une perte pour les travailleurs, mais en soi une bonne décision pour la santé financière de TQS qui, autrement, est vouée à disparaître ce qui serait alors beaucoup, mais beaucoup plus dommageable que la perte d'un joueur pour la diversité des voix dans les nouvelles, ce serait la perte d'un joueur pour le contenu canadien et, si j'ose dire, québécois !

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