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Choc pétrolier et le biocarburant

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Guy Gilbert
Envoyé Le jeudi 24 avril 2008 07:00



Je suis ingénieur forestier et consulte dans le secteur de la bioénergie forestière. Pour l'instant, nous en sommes à faire démarrer une machine en effectuant diverses études de faisabilité. Quelques initiatives de récolte des déchets forestiers ont débuté, principalement pour alimenter la grande industrie (usines de panneaux, papetières, usines de co-génération), mais le principal intérêt réside encore dans le futur, soit dans le remplacement du pétrole pour les besoins généraux de la population. La ressources est immense, se chiffrant pour le Québec entre 5 et 10 millions de tonnes (potentiellement beaucoup beaucoup plus selon moi) qui pourraient être récoltée annuellement et transformée de diverses manières: fibre pour l'industrie, granules pour le chauffage, biocarburant, compost pour améliorer les sols agricoles, etc.
Ce qui est bien avec la ressource des déchets forestiers, c'est qu'elle présente un potentiel pour que notre population s'affaire elle-même à développer des solutions de rechange durables. Nous pressentons comme forestiers un problème sérieux avec la perception engendrée par l'utilisation des terres agricoles et le déboisement aux philippines et au Brésil pour le développement de cultures énergétiques. Ce serait bien qu'un journaliste analyse à fond la différence qui existe entre cette situation et les perspectives d'utilisation des déchets forestiers. Au Canada, la quasi totalité des terrains forestiers n'ont aucun potentiel agricole. L'utilisation des déchets forestiers n'a aucune relation avec la production alimentaire. Entre autres, ce serait bien que nous puissions lui expliquer les enjeux que soulèveront certainement les environnementalistes, notamment au niveau de la relation entre la mise en valeur des déchets forestiers et la fertilité des sols forestiers.
Mardi et mercredi cette semaine, il y a eu un important symposium sur la bioénergie à Gatineau. Les présentations de ce symposium seront bientôt remis aux participants, incluant moi-même et je me ferai un plaisir de les mettre à votre disposition si cela vous intéresse. Parmi les présentateurs, il y avait des industriels, mais aussi des écologistes, des entrepreneurs forestiers, des coopératives forestières, des hauts fonctionnaires, etc. Nous avons pu y constater que la machine démarre réellement et qu'il y a des eprspectives enthousiasmantes dans ce secteur.

Tout n'est pas noir.

Guy Gilbert
guyglb@aol.com

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