PLQ, ADQ et PQ unis pour sauver l'information à TQS

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Édition du jeudi 24 avril 2008

Mots clés : TQS, CRTC, PLQ, Parti politique, Média, Québec (province)

«Le fait de parler d'une seule voix et unanimement fera une différence», dit Jean Charest

Des employés de TQS à Québec ont convergé vers l'Assemblée nationale afin de sensibiliser les élus au sort que veut réserver Remstar, le nouvel acquéreur du mouton noir de la télé, à son service de l'information.

Photo: Clément Allard

Québec -- La classe politique québécoise tout entière va user de son pouvoir «d'influence» auprès du CRTC pour empêcher la fermeture du service d'information du réseau TQS, a fait valoir hier le premier ministre Jean Charest.

L'annonce de l'abolition prochaine des bulletins de nouvelles de TQS par la société Remstar a causé hier une onde de choc à Québec, où les leaders politiques ont dénoncé sans réserve la décision du nouvel acquéreur du mouton noir de la télé. C'est à «un mur» que s'est heurté le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) sur cette question, a affirmé le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont.

L'Assemblée nationale a d'ailleurs adopté une motion unanime enjoignant au gouvernement du Québec d'exiger du CRTC qu'il maintienne le service des nouvelles de la station privée.

Sentant la soupe chaude, Jean Charest a révélé que son gouvernement avait entamé au début du mois une démarche pour conclure avec le gouvernement fédéral une entente administrative afin d'obtenir plus de pouvoirs en matière de communications et de culture. Dans une lettre datée du 8 avril, le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, et la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, s'adressent aux ministres conservateurs Josée Verner, Rona Ambrose et Jim Prentice pour amorcer dans les meilleurs délais des discussions à ce sujet. Le gouvernement québécois réclame notamment la création d'un bureau régional du CRTC au Québec et la participation du gouvernement québécois au choix des conseillers du CRTC.

Que ce soit au Parlement ou auprès d'employés de TQS en désarroi, Jean Charest, Mario Dumont et Pauline Marois ont profité de toutes les tribunes pour plaider en faveur de la diversité des sources d'information, spécialement dans les régions du Québec.

Comme il s'agit d'un dossier qui relève de la compétence exclusive du gouvernement fédéral, le premier ministre Charest a promis de «livrer une bataille» auprès du CRTC pour qu'il empêche Remstar de saborder le service d'information de TQS.

«On est devant un cas très précis où le fait de parler d'une seule voix et unanimement fera une différence dans les décisions qui seront prises», a dit M. Charest, en Chambre, peu avant l'adoption de la motion.

Si le CRTC n'entend pas la voix du Québec, c'est le gouvernement fédéral qui devra intervenir, a insisté le premier ministre.

«Je pense qu'il faut dès aujourd'hui dire au Parlement fédéral et au conseil des ministres fédéral qu'ils ont un droit de regard. Le conseil des ministres peut même demander une révision des décisions du CRTC. Il faut dès aujourd'hui les aviser qu'on a l'intention d'aller jusque-là s'il le faut», a-t-il dit.

La perte annoncée d'une source d'information, bien présente en région, est un «drame» pour le Québec, a soulevé Mario Dumont.

«Un grand réseau d'information présent partout, avec des stations régionales, ça ne se construit pas en un jour. Le jour où on l'a, on a quelque chose de précieux entre les mains, et il n'y a aucun doute que les Québécois y tiennent», a-t-il clamé à l'Assemblée nationale.

S'il y a autant péril, c'est que le gouvernement Charest ne s'est jamais donné la peine de revendiquer des pouvoirs accrus en matière de télécommunication, a poursuivi le chef de l'Action démocratique.

«Depuis plusieurs années, de notre côté, on défend l'importance que le Québec ait des pouvoirs, et là, le CRTC va être seul avec ça», a-t-il déploré.

La chef péquiste a saisi la balle au bond. Il est plus que temps, a-t-elle argué, que le Québec cesse de se faire dicter par le fédéral les règles de fonctionnement des entreprises de communication.

«Le Québec ne peut laisser à d'autres le contrôle de la programmation des médias électroniques sur son territoire», a dit Pauline Marois.

À défaut de pouvoir trancher le débat, le gouvernement québécois devra encore entreprendre «un pèlerinage obligatoire à Ottawa pour faire valoir la différence ou les intérêts du Québec devant le CRTC», a-t-elle dit.

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D'après la Presse canadienne


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