Investiture démocrate aux États-Unis - Les «superdélégués» détiennent la clé

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AFP
Édition du jeudi 24 avril 2008

Mots clés : Barack Obama, Hillary Clinton, Parti politique, Élection, États-Unis (pays)

Hillary Clinton s'est rendue hier en Indiana, où son adversaire Barack Obama l'avait précédée la veille.

Photo: Agence Reuters

Washington -- La victoire convaincante de Hillary Clinton en Pennsylvanie mardi fait augmenter la pression sur les «superdélégués» qui, plus que jamais, détiennent la clé de l'investiture démocrate en vue de l'élection présidentielle de novembre.

Selon le site spécialisé indépendant RealClearPolitics (RCP), Barack Obama disposait hier de 1716 délégués et Mme Clinton, de 1588. Il faut au moins 2025 délégués pour devenir le prochain candidat démocrate. Dans tous les cas, aucun candidat ne pourra atteindre ce nombre magique d'ici la fin du cycle des primaires, le 3 juin.

Les «superdélégués», un groupe d'environ 800 personnes, soit 20 % des délégués, qui siégeront fin août au congrès d'investiture démocrate, comprennent les élus démocrates du Congrès, les gouverneurs, d'anciens présidents (comme Bill Clinton et Jimmy Carter), les anciens vice-présidents (comme Al Gore et Walter Mondale), des syndicalistes, des cadres du parti. Contrairement aux délégués désignés lors des primaires et des caucus qui sont liés au mandat reçu des électeurs, les «superdélégués» sont libres de voter pour qui leur chante.

Selon RCP, quelque 200 «superdélégués» demeurent indécis. Ce sont eux qui font l'objet de toutes les convoitises. Mais pas seulement. Les «superdélégués» qui ont annoncé leur ralliement à un candidat sont également libres de changer d'avis.

Si M. Obama gagne, comme c'est probable, la primaire de la Caroline du Nord le 6 mai et ajoute dans sa gibecière l'Indiana -- ce qui sera beaucoup plus difficile --, cela pourrait lui donner l'avantage chez les «superdélégués». Si Mme Clinton confirme sa victoire en Pennsylvanie en remportant l'Indiana et résiste bien en Caroline du Nord, le vent pourrait alors vraiment, comme l'a dit mardi soir Mme Clinton à ses partisans, tourner en sa faveur.

«Les superdélégués cherchent à savoir quel candidat est le plus éligible en novembre», a affirmé récemment Phil Bredesen, gouverneur démocrate du Tennessee et, à ce titre, «superdélégué»... toujours indécis.

«Je crois qu'au cours du dernier mois j'ai démontré une vraie force. Cela s'est vérifié mardi soir. Et c'est ce genre de force que les superdélégués examinent», a dit Mme Clinton hier à NBC.

Mme Clinton affirme être la seule en mesure de rassembler ce qui forme le coeur de l'électorat démocrate: les femmes, les cols bleus et les classes moyennes victimes de la crise. Une partie de cet électorat a déserté ces dernières années le camp démocrate. C'est ainsi qu'Al Gore a perdu la Virginie-Occidentale en 2000 et que John Kerry a perdu l'Ohio en 2004. Dans les deux cas, ces défections ont permis l'élection de George W. Bush.

Cet argument a été catégoriquement rejeté hier par David Axelrod, le principal stratège de M. Obama. «La classe ouvrière blanche a basculé dans le camp républicain au début des années 1980. Cela n'a jamais changé depuis et ne changera pas à l'occasion de l'élection de 2008», a-t-il dit.

Même si Mme Clinton a remporté les primaires de New York, de la Californie, du Massachusetts, qui peut croire que, si M. Obama est le candidat démocrate, il ne gagnera pas dans ces États en novembre?, a demandé de son côté Claire McCaskill, vice-directrice de la campagne d'Obama.

Le camp d'Obama insiste sur les sondages qui donnent M. Obama mieux placé que Mme Clinton face à McCain en novembre et dénonce le ton négatif de la sénatrice de New York. Selon Mme McCaskill, les «superdélégués» ne sont pas prêts à soutenir une candidate qui, estime-t-elle, en concentrant ses attaques sur M. Obama a contribué à donner des armes à l'adversaire.

La direction du Parti démocrate a donné aux «superdélégués» la consigne de faire leur choix et de se ranger derrière l'un des candidats à l'issue des primaires.


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