Egoyan à Cannes
Mots clés : Festival de Cannes, Atom Egoyan, Clint Eastwood, Cinéma, Festival et fête, France (pays)
Mais aussi Clint Eastwood, Arnaud Despleschin, Woody Allen, les Dardenne, Steven Soderbergh et Indiana Jones

Photo: Agence Reuters
Pas de Français, donc, dans ce jury où le cinéma de l'Hexagone est du reste timidement représenté. On attend avec impatience le nouveau film d'Arnaud Despleschin (Un conte de Noël), avec moins d'enthousiasme de ma part celui de Philippe Garrel (La Frontière de l'aube). Parlez-moi de la pluie, nouveau-né très attendu du tandem Jaoui-Bacri, dont la rumeur voulait qu'il y soit, n'y sera donc pas. Mais du voisin belge, les frères Dardenne, deux fois palmés pour Rosetta et L'Enfant, tentent le tour du chapeau avec Le Silence de Lorna, sur une sans-papiers algérienne qui épouse un junkie belge afin d'obtenir sa citoyenneté.
Nouveaux venus
La compétition, comme c'est souvent le cas, se jouera entre les films de nouveaux venus -- ceux-là d'Israël (Waltz with Bashir), de Singapour (My Magic), des Philippines (Serbis), d'Italie (Gomorra), de Hongrie (Delta), etc. -- et les canons attendus. Parmi ces derniers, on compte Che, le très médiatisé diptyque de Steven Soderbergh sur Che Guevarra (quatre heures au total, couvrant deux époques distinctes), avec Benicio del Toro dans le rôle du révolutionnaire argentin.
Parlant du Che, le Brésilien Walter Salles, qui avait réalisé un film sur ses jeunes années (Carnet de voyage), revient avec Linha De Passe, sur les rêves de quatre frères aspirant à devenir des stars du soccer, coréalisé avec Daniela Thomas. Parlant d'Argentine, deux films concourront sous son drapeau, dont La Mujer sin cabreza, de Lucretia Martel, qui avait conquis la presse cannoise en 2004 avec La Sainte Fille, sans toutefois impressionner le jury.
Parmi les autres valeurs sûres, on mise gros sur le pouvoir de séduction du Turc Nuri Bilge Ceylan (Daydreams), du Chinois Jia Zhangke (24 City), de l'Italien Paolo Sorrentino (Il Divo) et de l'Allemand Wim Wenders, ancien prince de la Croisette (Palme d'or en 1984 pour Paris, Texas, Grand Prix du jury en 1986 pour Les Ailes du désir), qui raconte dans The Palermo Shooting l'histoire d'un photographe campé par une star du punk en Allemagne, Campino.
Cédant à son goût devenu habitude pour les flaflas hollywoodiens, la programmation hors concours promet quelques tapis rouges crépitants avec le quatrième épisode des aventures d'Indiana Jones, déjà annoncé, puis le film d'animation Kung-Fu Panda, avec Jack Black, Jackie Chan et Dustin Hoffman prêtant leurs voix et, pour la photo, leurs minois. Woody Allen aura doit aux mêmes honneurs pour son Vicky Cristina Barcelona, avec Penélope Cruz et Javier Bardem, qui lui ont donné rendez-vous devant le palais des Festivals.
Parmi les projections spéciales attendues, notons aussi Maradona, le documentaire d'Emir Kusturica sur le joueur de soccer argentin, Ashes of Time Redux, nouvelle version du long métrage épique de Wong Kar-wai, ainsi que Roman Polanski: Wanted and Desired, qui raconte à coups de témoignages la saga entourant la poursuite pour détournement de mineure intentée aux États-Unis contre le cinéaste de Rosemary's Baby. Les derniers films du Français Raymond Depardon (La Vie moderne), de l'Allemand Andreas Dresen (Wolke 9) et du Norvégien Bent Hamer (O'Horten) ont pour leur part été retenus dans la section Un certain regard, où aucun film québécois ou canadien ne brille cette année.
On saura dans les prochains jours si La Semaine de la critique et La Quinzaine des réalisateurs se sont montrées plus accueillantes. La direction du festival, Thierry Frémaux en tête, annoncera aussi très bientôt les titres des films d'ouverture et de clôture. La rumeur, le croirez-vous, parle de Sex and the City, et même de X-Files: I Want to Believe.
Collaborateur du Devoir
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