Le Canadien l'emporte dans l'euphorie
Mots clés : Canadien de Montréal, Carey Price, Bruins de Boston, Hockey, Sport, Montréal
Carey Price expédie les Bruins en vacances

Photo: Jacques Nadeau
Heureuse, follement heureuse même, la foule a célébré la victoire du Tricolore dans un bruit assourdissant, toutes serviettes blanches agitées. Les joueurs ont remercié leurs partisans au centre de la patinoire après avoir serré la main de leurs adversaires.
Le Centre Bell a d'ailleurs tout au long de la soirée vibré comme rarement -- sinon jamais -- auparavant.
«C'était difficile de s'entendre sur le banc, indiquait Steve Bégin après le match. Mais c'était tellement motivant, on sentait tout le monde pousser dans notre dos.»
«On joue toute l'année pour pouvoir disputer un septième match à la maison, devant nos partisans», a souligné Guy Carbonneau en point de presse. Pour cause: les partisans ont joué à fond hier leur rôle de septième joueur. Un joueur bruyant, exubérant, encourageant, chantant. Il fallait crier: ils ont crié. Il fallait huer le grand Chara et le petit Thomas: ils ont hué à pleins poumons. Il fallait se lever pour apprécier le talent brut des Price, Kovalev, Kostitsyn, Higgins: ils se sont levés. Il fallait agiter les serviettes blanches: ils ont agité les serviettes blanches.
Et exception faite de la première période, le Canadien a brillamment répondu aux attentes. Particulièrement après le deuxième but de l'équipe, marqué à mi-chemin en deuxième. Mark Streit, qui connaissait jusque là une série très difficile, a soulevé la foule avec une feinte magistrale devant Tim Thomas. Pour la première fois depuis le deuxième match, le Canadien disposait alors d'une avance de deux buts.
Ce fut le point de ralliement qui a semblé libérer le Canadien d'une grande pression. Profitant d'une pause publicitaire, la foule a poursuivi longtemps son ovation. Et tout s'est mis à rouler pour le Canadien. On a revu l'équipe qui a terminé première dans l'Association de l'Est cette saison. Rapide, créative à l'attaque, bien regroupée autour de son gardien. Carey Price, lui, méritait pleinement son surnom de Jesus Price: il a été parfait. Un véritable mur.
Les frères Kostitsyn, réunis sur un même trio pour permettre à Koivu, Higgins et Kovalev de jouer ensemble, ont dominé la feuille des marqueurs, avec deux buts et une passe pour l'aîné Andreï, un but une passe pour Sergeï. Alex Kovalev a aussi inscrit deux passes, dont une après un bel exercice de toupie mobile en première période sur le but gagnant de Mike Komisarek.
«On s'était éloigné de notre style dans cette série, a expliqué le grand Russe après le match. On frappait les Bruins comme pour leur prouver que nous étions les plus forts. Ce n'est pas notre style. Ce soir, le talent a repris sa place.»
Apport collectif
«Il n'y a pas de secret dans n'importe quel sport, a lancé Guy Carbonneau. Il faut que tes meilleurs joueurs soient tes meilleurs joueurs, et ce fut le cas ce soir.» Radieux, l'entraîneur arborait encore sa spectaculaire cravate «magique» qui fait la part belle au turquoise, rose et orange. Avec elle autour du cou, il est trois en trois. «Je ne le mettrai pas partout, mais je saurai la ressortir au bon moment», a-t-il promis, sourire aux lèvres. .
Plus sérieusement, Carbonneau jurait ne pas avoir été nerveux avant la partie. Cela parce qu'il connaît les qualités de son équipe. «En octobre, j'aurais été nerveux. Mais chaque fois que nous avons été challengé cette année, nous avons été capable de revenir».
Sur un plan individuel, Carey Price l'a aussi prouvé hier en réalisant un deuxième jeu blanc après avoir accordé 10 buts dans les matchs 5 et 6. «Tout le monde a bien joué ce soir, a déclaré le gardien de 20 ans. C'est de cette façon qu'on espérait gagner. Je pense que ce match a démontré le caractère de cette équipe.»
Un caractère qui a été éprouvé par la résistance imprévue des Bruins, donnés perdants par tous avant le début de la série. «Cette série nous a appris qu'on ne peut jamais prendre de congé, a noté Guy Carbonneau. Ce soir, j'avais demandé aux joueurs de jouer à la limite de leur capacité. C'est ce qu'ils ont fait.»
«Tout le monde souhaite qu'une série se termine en quatre matchs. C'est le rêve. Mais j'ai assez d'expérience pour savoir qu'il faut préparer l'équipe pour 28 matchs.»
Et c'est au fil de ces matchs qu'on mesure la vraie force d'une équipe, a-t-il ajouté. «Être une bonne équipe, c'est une chose. Mais être une grande équipe, c'est beaucoup plus dur.»
Le Canadien affrontera maintenant en deuxième ronde soit les Flyers de Philadelphie ou les Rangers de New York, selon le résultat de la série Philadelphie- Washington.
Grabuge
Évidemment, la victoire du Canadien a été célébré bruyamment à l'extérieur du Centre Bell. Des milliers de spectateurs sont restés massés devant l'amphithéâtre à la fin de la partie pour festoyer cette victoire. Le tonnerre de klaxons s'entendait même à l'intérieur de la bâtisse.
Les célébrations se sont toutefois transformé en grabuge sur le rue Sainte-Catherine, autour de la rue Stanley. Des centaines de partisans ont alors affronté les forces anti-émeute de la police de Montréal. Des bouteilles de bière ont été projetées. Les policiers ont répliqué avec du poivre de Cayenne. Au moment de mettre sous presse, une voiture de police avait été saccagée par une dizaine de turbulents, mais aucun bilan des dommages ou des arrestations n'était disponible, les événements ayant encore cours.
***
Avec la collaboration d'Alexandre Shields
Vos réactions
Elle est où, cette fierté ? - par François St-Pierre (fsp@cooptel.qc.ca)
Le mardi 22 avril 2008 20:00
Réponse à tous - par Tony Patoine
Le mardi 22 avril 2008 19:00
@Cotnoir - par Jean-William P. Laliberté
Le mardi 22 avril 2008 17:00
@ M. Vincent de Grandpré - par Gilles Bousquet
Le mardi 22 avril 2008 17:00
À '. de Grandpré - par Claude Archambault (archbroca@videotron.ca)
Le mardi 22 avril 2008 15:00
Besoin de clarifier - par Vincent de Grandpré
Le mardi 22 avril 2008 15:00
Coupable de naïveté - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le mardi 22 avril 2008 14:00
L'imbécilité réfractaire à la fierté d'un peuple - par Vincent de Grandpré
Le mardi 22 avril 2008 13:00
Fuck you les fans de la puck!!! - par Pierre-Alain Cotnoir (pac@cam.org)
Le mardi 22 avril 2008 09:00
Le grabuge - par Claude Archambault (archbroca@videotron.ca)
Le mardi 22 avril 2008 08:00

