France - Sarkozy aura 90 minutes pour s'expliquer devant les Français

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Reuters
Édition du lundi 21 avril 2008

Mots clés : popularité, sondage, sarkozy, Élection, France (pays)

Paris -- Nicolas Sarkozy tentera jeudi à la télévision de redresser une popularité au plus bas et de convaincre les Français qu'il n'a en rien renoncé aux promesses de sa campagne, un an après son élection le 6 mai 2007.

Après la reprise en main du gouvernement et de la majorité qui a suivi le fiasco de la droite aux élections municipales de mars, le président «juge nécessaire de donner des perspectives à son action», a expliqué son entourage à Reuters. «Il souhaite s'inscrire dans une perspective de changement durable et juste, et ce sera pour lui l'occasion d'exposer la feuille de route des mois à venir.»

Sa dernière grande intervention publique, hors discours, remonte à sa conférence de presse du 8 janvier. Il avait alors dit à propos du pouvoir d'achat, principale préoccupation des Français, qu'il ne pouvait pas vider des caisses «déjà vides». Un aveu qui a contribué à l'effondrement de sa popularité.

Selon une enquête de l'IFOP publiée par Le Journal du Dimanche, 79 % des Français estiment que l'action de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement n'a pas amélioré leur situation. Les électeurs du chef de l'État se montrent désormais majoritairement déçus (seulement 49 % évoquent une amélioration) et le nombre de mécontents à son égard, parmi les sympathisants de son propre parti, l'UMP, augmente de cinq points, à 23 %.

Au total, le chef de l'État perd encore un point de popularité, à 36 %, ce qui est la cote la plus faible d'un président de la Ve République après un an à l'Élysée. Des cafouillages à répétition, ces derniers temps, sur des sujets aussi délicats que les OGM, la politique familiale ou le remboursement des lunettes, ont alimenté le sentiment d'un exécutif tiré à hue et à dia et sans véritable cap.

«Le gouvernement est en train de rendre la réforme haïssable, déplorait jeudi le député UMP et ex-ministre des Affaires étrangères Hervé de Charette. Pour être acceptée, la réforme doit être juste, compréhensible et respecter l'engagement pris. Là, aucun des critères n'est rempli.»

Une voix parmi d'autres, dans une majorité en proie au doute et dont le malaise n'a fait que s'amplifier depuis la perte par la droite de plusieurs dizaines de grandes villes et de huit départements, lors des élections municipales et cantonales de mars.

Le fiasco des municipales a déjà conduit Nicolas Sarkozy à resserrer les boulons de la communication de l'Élysée et à parrainer un remaniement de la direction de l'UMP. Mercredi dernier, il a averti les membres du gouvernement qu'il ne tolérerait plus, désormais, d'indiscipline dans leurs rangs et de manquement à la solidarité gouvernementale.

Jeudi soir, il aura 90 minutes sur TF1 et France 2 pour expliquer aux Français les réformes déjà lancées et les chantiers à venir pour «transformer le pays». Il sera aussi vraisemblablement interrogé sur les rumeurs persistantes qui font état d'un agacement réciproque entre lui-même et le premier ministre, François Fillon.


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