Technologie - Microsoft doit revoir le modèle qui a fait sa fortune

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Bruno Guglielminetti
Édition du lundi 21 avril 2008

Mots clés : Office, Microsoft, Informatique, Commerce, États-Unis (pays)

Le géant envisage d'offrir ses logiciels sur abonnement

Le prologiciel Microsoft Office pourraît être offert sur abonnement. Image: Microsoft

Devant l'offre grandissante de logiciels gratuits de plus en plus performants, Microsoft commence à réagir. Mais est-ce trop tard? On apprenait cette semaine que Microsoft est en train de revoir sa politique tarifaire en matière de licence d'utilisation. L'éditeur américain a confirmé vendredi qu'il songeait à commercialiser prochainement sa trousse de logiciel de bureautique par abonnement, et non plus uniquement la vendre avec une licence payée à l'achat.

Il faut dire que Microsoft jongle avec cette hypothèse depuis des années. Je me souviens avoir eu une longue discussion avec un grand patron de l'équipe Office chez Microsoft au début des années 2000 où l'on me disait que l'entreprise travaillait sur un service de logiciels d'éditions en ligne, disponible par abonnement. L'opération a avorté en chemin, mais cette fois, la chose semble plus sérieuse.

La nouvelle initiative, qui répond au nom de code d'Albany, devrait proposer en téléchargement les outils de la trousse de bureautique Office, mais également des logiciels d'accompagnement pour l'ordinateur. Pensons à des logiciels de sécurité, des logiciels qui viendraient bonifier l'offre actuelle du système OneCare. Évidemment, tout ça relié au service en ligne de Microsoft, Windows Live.

«Bar ouvert»

Sur le même principe qu'un service de location de musique en ligne, qui vous donne accès aux millions de titres que compte le catalogue du service tant que vous réglez votre abonnement mensuellement, le nouveau service de Microsoft offrira un «bar ouvert» à ses logiciels d'édition tant que l'utilisateur règle la facture, chaque mois. Une fois que le consommateur cesse ses paiements, les logiciels deviennent inutilisables et dorment dans l'ordinateur. L'idée pourra peut-être séduire certains travailleurs saisonniers qui doivent interagir avec les outils de productions de clients qui travaillent déjà dans un environnement Microsoft. Reste à voir le prix de ce programme d'abonnement mensuel, prix qui sera annoncé d'ici à la fin de l'année.

Mais même avec un prix très abordable, est-ce que la nouvelle approche saura convaincre les utilisateurs des trousses Open Office, Star Office, Lotus Symphony ou NeoOffice de revenir à l'offre d'Office? Difficile d'y croire.

Est-ce que l'éditeur américain devrait revoir son approche? Pensez à une version financée par la publicité? L'idée est déjà dans l'entreprise. L'équipe de développement de la trousse Works teste présentement une version baptisée Works SE (Sponsored Edition). Une version de la trousse de logiciels qui contient un outil de gestion publicitaire qui permet à l'éditeur de gérer un parc de panneau publicitaire à distance. Le logiciel est ainsi livré aux fabricants d'ordinateurs avec de petits bandeaux publicités de Microsoft par défaut, mais, une fois que l'on est relié à Internet, les publicités peuvent changer au gré des campagnes du fabricant ou de ses clients.

Malheureusement, Microsoft ne dévoile pas le nom des fabricants qui participent à ce test. On sait cependant que ces ordinateurs munis d'une version Works SE sont vendus au Canada, aux États-Unis, en France, au Royaume-Uni et en Pologne.

Pendant ce temps, pour les plus branchés d'entre nous, les Google ou Zoho de ce monde proposent des outils d'édition en ligne, sans besoin de téléchargement et avec le strict minimum pour permettre l'édition rapide de document texte, chiffrier ou présentation de type PowerPoint. Bref, la concurrence gratuite, et de qualité, est déjà bien installée et rendra difficile toute tentative de Microsoft, de poursuivre avec le modèle économique qui a fait sa fortune.

***

Un mot en terminant pour donner un coup de pouce aux chercheurs de l'Université Laval qui sont à la recherche de carnetiers qui traitent de politique sur Internet. L'étude du Groupe de recherche en communication politique du Département d'information et de communication de l'Université Laval à Québec porte sur les blogueurs québécois qui traitent majoritairement (ou fréquemment) de la politique québécoise, canadienne ou internationale. Le groupe veut réaliser un portrait de la blogosphère politique citoyenne du Québec.

Pour participer à l'étude, le carnetier «politique» est invité à répondre à un sondage en ligne de 58 questions, dont la majorité présente un choix prédéterminé de réponses, pour présenter son profil socio-démographique, son comportement politique et ses motivations à la production d'un blogue politique. Les intéressés peuvent répondre au sondage sur le site du Groupe de recherche en communication politique jusqu'au 30 avril.

Voici l'adresse du site: www.com.ulaval.ca/chaires_groupes/grcp.

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bguglielminetti@ledevoir.com

Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).


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