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Un livre tactiquement maladroit...

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Jean Desjardins
Envoyé Le dimanche 20 avril 2008 11:00



Est-il important que madame Marois soit étiquetée du titre de cendrillon ou de grande bourgeoise ou de tout autre qualificatif qu'on cherchera à lui affubler ? Après tout, qu'elle soit ce qu'elle voudra dans sa vie privée, ce n'est pas pour cela qu'elle a été choisie par le Parti Québécois et par la population de son comté ! À ce que je sache, on est pas obligé d'être vêtu en haillons, de trimer dur pour joindre les deux bouts et d'avoir les cheveux blonds, brun, roux ou blanc pour valoir quelque chose au niveau des idées, des préoccupations sociales et du leadership requis pour diriger un parti ou un gouvernement.

Je dirais même qu'elle fait une grossière erreur de s'excuser de sa condition sociale. La preuve ? Rappelons-nous Pierre-Elliott Trudeau qui n'a jamais camouflé sa condition de grand bourgeois, au point où il s'est permis les pires entourloupettes à l'encontre du peuple Québécois sans souffrir de son image de Grand Seigneur. Même aujourd'hui, certains Canadiens et Québécois résignés l'idolâtrent encore. Même son fils Justin en reçoit encore les retombées positives, eu égard à sa difficulté puérile à s'affranchir du modèle paternel...

On devrait tous se rappeler que le peuple Québécois est un peuple qui s'est fait rentrer dans la gorge, jour après jour, son statut de perdant né pour un p'tit pain. On devrait également savoir que les Québécois ont besoin de héros pour se faire croire qu'ils valent quelque chose... Et les héros (et les gagnants), on les retrouve souvent dans le groupe des gens qui donnent la perception de bien réussir dans la vie, non ? Et ce, qu'on les retrouve chez les politiciens, les gens d'affaires, les scientifiques, les animateurs-vedettes, les citoyens du Plateau ou les Outremontois, les joueurs de hockey (quand ils gagnent, seulement !), etc... N'en déplaise à ses adversaires, madame Marois est éligible pour appartenir à ce groupe des 'gens qui s'en tirent très bien dans la vie'.

Bref, madame Marois ne prendrait pas grand risque à se montrer telle qu'elle est à l'ensemble des Québécois. Bien au contraire. Il n'y a en effet qu'une faction minoritaire du Parti Québécois, de Québec Solidaire et de quelques envieux chroniques pour s'offusquer de l'émergence ainsi que de la prospérité des autres ...et de vouloir tout transformer en 'monsieur et madame Tartempion' habillés en gris misérabiliste !

Quant à moi, j'ai maintes fois constaté que les gens, qui dénoncent à haut cris les grands bourgeois ainsi que ceux qui semblent bien réussir économiquement, sont souvent ceux qui méprisent le plus la masse des citoyens dont ils sont issus, lorsqu'ils ont l'occasion d'émerger un tant soit peu. Les parvenus et les snobs, ça vient sûrement de quelque part...

Cendrillon ou grande bourgeoise... et puis, après ! C'est ce qu'elle a à offrir à la population du Québec, comme dirigeante, qui est intéressant. Pour le reste, ce n'est que du verbiage. Dommage que madame Marois embarque dans le jeu, en publiant ce livre tactiquement maladroit...

Jean Desjardins




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