Audiences du CRTC - Astral défend les redevances aux chaînes spécialisées
Mots clés : chaînes spécialisées, Astral Media, CRTC, Média, Québec (province), Canada (Pays)
Gatineau -- Astral Media demande au CRTC que les chaînes spécialisées conservent leurs revenus d'abonnement au câble mais, curieusement, demeure neutre quant à savoir si les chaînes généralistes aussi devraient y avoir accès.
Il faut dire qu'Astral, un joueur important dans le domaine des chaînes facultatives au Québec, détient des intérêts dans 16 services de télévision spécialisée, payante ou à la carte. Parmi ses chaînes spécialisées les plus connues, on compte MusiquePlus, MusiMax, Canal Vie, VrakTV et Télétoon.
Le président du conseil d'administration d'Astral Media, André Bureau, n'a pas demandé au CRTC de refuser aux chaînes de télévision généralistes l'accès aux revenus d'abonnement au câble, mais il ne s'est pas opposé non plus à ce que le CRTC leur accorde un tel accès.
M. Bureau a simplement dit au CRTC qu'il avait reçu suffisamment d'avis et de mémoires jusqu'ici pour se forger sa propre opinion. Il l'a cependant invité à bien soupeser les effets de son éventuelle décision sur les revenus des chaînes spécialisées et sur la facture des abonnés du câble.
«On dit au CRTC: on ne sait pas s'ils [les chaînes généralistes] en ont besoin ou pas. C'est à vous de l'analyser et de voir ce qu'il en est. Nous, tout ce qu'on dit, c'est que ça ne devrait pas être aux dépens des services qui, eux, vivent grâce à des redevances actuellement», a résumé M. Bureau.
Autrement dit, M. Bureau ne veut pas que, si le CRTC accorde des redevances d'abonnement aux télés généralistes, et ce sans que la facture d'abonnement au câble augmente, la même tarte des revenus d'abonnement soit partagée entre un plus grand nombre de joueurs. Dans cette éventualité, les chaînes spécialisées perdraient trop de revenus, s'est-il plaint.
Il craint aussi, d'un autre côté, que, si la facture du câble augmente trop, pour verser des revenus d'abonnement aux télés généralistes également, les abonnés ne délaissent certaines chaînes spécialisées pour garder leur facture abordable.
«Nous demeurons préoccupés de l'impact économique que pourrait provoquer l'imposition d'une telle redevance sur le secteur des services discrétionnaires. Nous demandons donc au Conseil d'en tenir compte s'il devait décider qu'une telle redevance était requise», a résumé M. Bureau.
En 2006, ces revenus d'abonnement ont représenté la principale source de financement des chaînes facultatives, soit 63 % de leurs revenus totaux.
Autres groupes
L'Union des artistes et la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC) ont défendu ensemble le point de vue du contenu canadien à la télévision.
Les deux groupes ne sont pas opposés à ce que les télévisions généralistes aient accès aux redevances d'abonnement au câble, mais à la condition expresse qu'elles se servent de ces revenus supplémentaires pour faire de la programmation canadienne, non pas pour acheter des émissions américaines.

