Pour en finir avec le bruit des jouets d'enfants
Mots clés : bruit, jouets, Enfant, Canada (Pays)

Photo: Agence France-Presse
Et alors qu'Ottawa se prépare à adopter un projet de loi sur la sécurité des produits, l'Association canadienne des orthophonistes et audiologistes (ACOA) est sortie de ses gonds cette semaine pour faire un peu de bruit autour de ce problème sonore qui, pour le moment, ne semble pas en faire beaucoup.
Et pourtant, dans un environnement social toujours plus bruyant, la sonorité des jouets est un enjeu de taille. En effet, selon la réglementation actuelle, les produits destinés aux enfants partout au Canada peuvent claironner, roucouler, bombarder ou cliqueter à des niveaux pouvant atteindre les 100 décibels, ce qui n'est pas rien.
En effet, ce niveau sonore correspond à celui d'un baladeur poussé à fond. Il crée aussi un environnement auditif que les spécialistes jugent «désagréable». Sur ce point, les mères de famille respectables, les mononcles en pantoufles de Phentex et les grands-mamans au système auditif bien conservé sont parfaitement d'accord.
Pis, l'usage fait par les enfants de ces «objets du démon» hurlant des musiques mielleuses ou rythmant leurs délires enfantins de «tacata» du tonnerre accentue le problème, et le gouvernement n'en a pas forcément conscience, a déclaré cette semaine au Devoir l'audiologiste Chantal Kealy, porte-parole de l'ACOA, lors d'un entretien téléphonique qui s'est déroulé à un niveau sonore convenable.
Santé publique
«Les protocoles de mesure du son [des jouets] ne tiennent pas compte du fait que les enfants placent ces objets très près de leurs oreilles, dit-elle. Sans compter qu'ils ont des tympans plus petits que ceux des adultes. Du coup, le son arrive dans leurs conduits auditifs à une intensité beaucoup plus forte», avec les dommages qu'il est facile d'envisager sur le système auditif qui, au fil des ans, se dégrade inexorablement et dont les troubles sont généralement irréversibles.
De là à parler d'un problème de santé publique, il n'y a donc qu'un pas... que l'ACOA n'hésite pas à franchir. «C'est bien de cela qu'il est question», a dit Mme Kealy, appelant du même souffle le gouvernement à imposer des sourdines à l'industrie du divertissement.
Selon cette spécialiste qui a travaillé au ministère de la Santé de l'État du Vermont, le gouvernement fédéral canadien, même s'il parle de traçabilité des produits mis en vente au Canada, d'obligation pour les entreprises de retirer des produits dangereux ou de réalisation de tests permanents garantissant l'innocuité des biens de consommation, doit aujourd'hui s'attaquer à la sonorité des jouets vendus au pays en modifiant le contenu des lois actuelles.
Ce qu'il n'a pas encore annoncé qu'il ferait. «Ces lois remontent à 40 ans, dit-elle. Il est temps de les revoir», notamment à la lumière de la déferlante de jouets bruyants qui a frappé le pays au cours des dernières années.
L'ACOA annonce d'ailleurs qu'elle se prépare à mener ce combat en interpellant le gouvernement sur ce sujet lors des séances de consultation autour de son projet de loi sur la sécurité. Ces consultations doivent s'amorcer d'ici la fin du printemps.
Le regroupement d'audiologistes et d'orthophonistes devrait y parler non seulement de la norme internationale de 85 décibels que préconise pour les jouets l'Organisation internationale de normalisation (connue sous son célèbre acronyme unilingue anglais ISO) mais aussi de la nécessité d'encadrer les bruits ludiques destinés aux enfants à des niveaux encore plus faibles. 85 décibels, c'est en effet ce que produisent un aspirateur bruyant ou encore la circulation en milieu urbain.
Le groupe de pression compte également rappeler qu'un Canadien sur dix doit composer aujourd'hui avec des troubles de l'audition et que, pour préserver les esgourdes des générations montantes, l'action est désormais de mise. «Quant aux parents, a ajouté Mme Kealy, on peut leur recommander d'écouter le bruit que fait un jouet avant de l'acheter, de s'assurer qu'il possède une fonction permettant d'atténuer ce bruit ou encore d'opter pour des cadeaux moins bruyants, comme des livres.»
Une idée pleine de bon sens, oui, mais devant des hordes de locomotives produisant 100 décibels pour avancer de 12 centimètres à la seconde, de voitures made in China faisant entendre des sirènes de police avec une générosité auditivement douloureuse ou encore un livre de contes parlant trop fort, cette idée pourrait bien ne pas être entendue.
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La facture d'Hydro-Québec change de facture
Autre lieu, autre préoccupation. En orchestrant des changements sur ses factures au début de l'année, Hydro-Québec s'est assuré, sans le vouloir, une petite rentrée d'argent supplémentaire dans ses coffres, et ce, sur le dos de certains de ses abonnés.
C'est en tout cas ce que laissent croire les mésaventures relatées au cours des dernières semaines par une poignée de lecteurs du Devoir qui, aujourd'hui, se sentent floués par la société d'État.
La raison de leur colère: en modifiant la facture de ses factures, Hydro a en effet changé les numéros de compte de l'ensemble de ses abonnés. Ce numéro est utilisé pour effectuer un paiement par l'entremise du site Internet d'une institution financière, ce que beaucoup de consommateurs font de nos jours.
Or, même si ces numéros ont été automatiquement modifiés par les banques dans le cas de la grande majorité des abonnés, assure Hydro, il s'avère qu'un «petit groupe de clients» n'a pas eu droit à ce service complet au moment des changements qui, doit-on le rappeler, ont fait beaucoup de mécontents et forcé la société à revoir sa refonte dans les mois qui ont suivi.
Conséquence: sans ce nouveau numéro, quelques paiements faits par Internet n'ont pas pu se rendre jusqu'aux coffres du grand fournisseur d'électricité qui, du même coup, a imposé des frais de plus de 1 $ pour retard de paiement à ses clients sans numéro fixe, et ce, sans que le consommateur en soit vraiment responsable.
Mis au parfum de la chose, Hydro a expliqué au Devoir, fin février, qu'environ 300 clients avaient été touchés par ce phénomène. Dans la foulée, une porte-parole a assuré que ces frais facturés -- sobrement baptisés «frais d'administration» -- seraient dès lors remboursés sur-le-champ et sans autre question. Bien.
Or les victimes de ce changement de facture n'avaient toujours pas vu l'ombre d'un remboursement en mars dernier. Pis, ceux qui ont refusé de payer les quelques dollars exigés pour un retard incompréhensible se sont fait facturer un autre dollar de frais de retard pour le dollar non payé... Tiens, soudainement, on a envie de parler de surréalisme!
Jointe par téléphone cette semaine, une porte-parole d'Hydro a jugé la chose inexplicable une fois de plus et s'est encore engagée à remettre le montant total de ces ponctions aux clients touchés. Mais c'est peut-être ce qu'on pourra qualifier un jour de «promesse d'électricien».
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conso@ledevoir.ca
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