Mots clés : Septentrion, Histoire populaire du Québec, 1960 à 1970, Jacques Lacoursière, Livre, Québec (province)
Le 10 avril, j'ai lu une lettre ouverte à Victor-Lévy Beaulieu devant une tren-taine de personnes rassemblées à l'enseigne des «Jeudis de la langue». J'avais l'impression d'avoir devant moi les premiers chrétiens. Des gens qui parlent encore de «Montréal français» et de la libération de la patrie comme s'ils ne lisaient jamais les sondages, n'avaient encore jamais remarqué que le ronron majoritaire dans lequel nous baignons était jus-tement un sous-produit de la technologie commune qui rem-place la langue commune et permet de ramener la pensée au niveau requis pour cliquer sur la bonne icône et télécharger un autre morceau de robot, de veau gras, de Viagra, de N'importe Quoi. Nous rêvons de loups mais, comme totem de l'époque, le chien de Pavlov semble indélogeable. Une trentaine de personnes, donc, des croyants, encerclés de toutes parts par ce ronron majoritaire là, qui est un sous-produit du futur.
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