À voir à la télévision le lundi 21 avril - L'âme de Dublin, version soul
Mots clés : Musique, Cinéma, Alan Parker, Irlande (pays)
Même si plusieurs le préfèrent revanchard et manichéen, comme dans Midnight Express, le cinéaste anglais Alan Parker peut aussi faire preuve d'une légèreté et d'une simplicité qu'il gagnerait à cultiver davantage.
Le rugissement de la musique soul est-il possible dans les rues et les pubs de Dublin? S'il n'en tenait qu'à l'infatigable Jimmy Rabbitte (Robert Arkins), tout le monde devrait vibrer et vivre sur les rythmes d'Aretha Franklin et de James Brown. Selon cet apprenti gérant, «les Irlandais sont les Noirs de l'Europe; les Dublinois, les Noirs de l'Irlande; les Dublinois du Nord, les Noirs de Dublin»: une affirmation moins vraie aujourd'hui, à l'heure du miracle économique irlandais. C'est pour cette raison qu'il va ratisser ce coin pauvre de la capitale pour réunir les meilleurs musiciens et chanteurs et ainsi casser la baraque.
Cet aréopage de purs inconnus va effectivement casser bien des choses: leurs cordes vocales, mais aussi leur patience, leurs limites et quelques gueules. Car ce band formidable rêvant de gloire et d'Amérique va tenter de survivre, de soir en soir et de spectacle en spectacle, une tâche colossale pour ces enfants de la rue, du chômage et des désillusions.
Les friands de biographies musicales ne trouveront rien de nouveau à cette description crue des débuts d'un groupe (fictif et éphémère), qui ne manque pas de talent mais beaucoup de moyens... et de discipline. Le portrait d'Alan Parker est d'un réalisme saisissant, mais surtout d'une puissante énergie, parfaitement collé au désordre intérieur de ce rassemblement hétéroclite d'artistes fougueux et rebelles.
Cinéma / Les Commitments - Télé-Québec, 22h

