Du papier contre des arbres ! - Verts doivent être les corridors
Mots clés : environnement, corridor vert, Jour de la Terre, Forêt, Climat, Québec (province)
« Le vent souffle en notre faveur ces temps-ci »

Du vert, du vert, du vert!
En fait, ce programme s'inscrit dans le cadre d'un vaste projet du Jour de la Terre visant à constituer des corridors verts à l'échelle de la province. La documentation de l'organisme avance que, dans les régions à forte vocation agricole, industrielle et urbaine, on constate une perte considérable du couvert forestier offrant un habitat à bon nombre d'espèces animales et végétales. Dans le domaine de la conservation, il est connu que la fragmentation des habitats entraîne l'isolement des populations et réduit ainsi les chances de survie des espèces menacées. Une stratégie reconnue pour parvenir à préserver adéquatement des échantillons viables de la biodiversité et à maintenir les processus dynamiques des écosystèmes est le remaillage des milieux forestiers par la conception d'un réseau de corridors verts.
«Planter des arbres, c'est bien, mais nous, au Jour de la Terre, nous avons une approche cohérente en favorisant une "reconnexion" des milieux naturels. Nous travaillons sur des terrains privés. Et à ce jour, notre programme a permis la plantation de quelque 100 000 arbres dans toutes les régions du Québec à l'exception de la Gaspésie, où l'on retrouve surtout des terres publiques», raconte Maud Fillion, coordonnatrice du programme Plantations au Jour de la Terre.
«Maintenant, on n'arrive pas avec nos planteurs. On lance des appels de projets et les groupes intéressés nous soumettent leurs propres projets de plantations. De cette manière, on répond à des besoins environnementaux locaux en collaboration avec des acteurs du milieu», dit-elle.
Des collaborations
Parmi les partenaires du Jour de la Terre dans l'édification de projets de plantations, on compte principalement des groupes environnementaux, le milieu agricole et les municipalités. «Sur la Côte-Nord, par exemple, nous avons travaillé étroitement avec la municipalité de Natashquan. En contrepartie, sur l'île de Montréal, il est plus compliqué d'implanter des projets de plantations parce que dans des milieux plus urbains, ça prend de plus gros budgets, de plus gros arbres, etc. Mais je vous dirais que nous avons un projet de plantation de 200 arbres cette année dans Notre-Dame-des-Neiges.»
Les projets de plantations prennent toutes sortes de formes. Par exemple, le Défi relevé vert Desjardins a permis, en 2007, l'établissement d'un reboisement dans un camping et un parc à Amos, un autre projet de reboisement dans un refuge faunique à Lorrainville dans le Témiscamingue, un projet de haie brise-neige à Saint-Alexandre dans le Bas-Saint-Laurent ou encore l'érection d'un écran pour un site d'enfouissement par la plantation de 500 arbres (érable rouge, érable à Giguère, frêne rouge, mélèze laricin et épinette blanche) à Courcelles, en Estrie. Ces informations sont toutes disponibles dans le site Internet du Jour de la Terre (www.jourdelaterre.org).
Mieux, le projet de conversion en ligne s'annonce prometteur. «Écoutez, cette année on compte planter 130 000 arbres sur une demande de 200 000 arbres, c'est tout de même incroyable! La demande est immense. Le vent souffle en notre faveur ces temps-ci», se réjouit Maud Fillion.
Et curieusement, si le programme de corridors verts a déjà pris son envol, il sera lancé officiellement le 22 avril prochain, souligne-t-elle. «Nous allons annoncer du même coup la plantation de 22 000 arbres, qui sera faite en partenariat avec le Comité de restauration de la rivière Etchemin.»
Au bord de la rivière
Joint à ses bureaux de Saint-Léon-de-Standon, dans Chaudière-Appalaches, Dominique Lamarre, directrice générale du Comité de restauration de la rivière Etchemin, souligne que le projet des corridors verts est «une priorité pour nous».
«Et nous travaillons, poursuit-elle, depuis de nombreuses années à restaurer les berges et voir à l'habitat des poissons. On travaille sur le terrain en faisant des aménagements fauniques pour les espèces telles que la truite mouchetée et l'achigan. On se consacre également au développement récréotouristique de manière à rendre la rivière accessible au plus grand nombre de gens. Par ici, les terrains sont de propriété privée à plus de 90 % le long de la rivière, donc on doit s'entendre avec les propriétaires dans le cadre de nos projets d'aménagement.»
Collaborateur du Devoir
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