Récupérer plutôt qu'enfouir - La seconde vie des technologiquement dépassés
Mots clés : technologie, récupération, Déchet, Québec (province)
Un duo de vieux frigo et congélateur vaut 195 $ !

Photo: Jacques Nadeau
Et, nouvellement arrivée dans le domaine de la téléphonie cellulaire, Vidéotron n'a pas hésité à entrer dans le bal. En effet, l'entreprise, en collaboration avec Quebecor, vient tout juste de lancer le programme Allô la Terre, dont le porte-parole est l'auteur-compositeur-interprète Daniel Boucher. Les consommateurs pourront déposer les cellulaires usagés et leurs accessoires dans des boîtes prévues à cet effet dans les 196 magasins SuperClub Vidéotron ainsi que dans les 20 magasins ou kiosques Vidéotron du Québec. «Nous acceptons toutes les marques de téléphones cellulaires, peu importe le fournisseur», explique Isabelle Dessureaux, attachée de presse chez Vidéotron.
De plus, pour mener à terme son projet, Vidéotron s'est associée à l'organisme Jour de la Terre-Québec. «C'est Jour de la Terre qui prend ensuite en charge les appareils et les accessoires en les acheminant vers un recycleur ou un valorisateur, selon les possibilités qu'offrent lesdits appareils.» Les profits ainsi réalisés par Jour de la Terre-Québec seront ensuite investis dans son programme de corridors verts.
Le cas des frigos
Les vieux réfrigérateurs et congélateurs posent aussi problème. Si on veut s'en débarrasser, on peut toujours le faire en les apportant chez un récupérateur, comme les Éco-centres à Montréal, par exemple. D'autres municipalités offrent des services similaires. Mais bon nombre de ces vieux frigos et congélateurs sont toujours en service, au sous-sol ou dans le garage, mais parfois encore dans la cuisine.
Et ces vieux appareils sont très énergivores, à un point tel qu'Hydro-Québec a cru bon de mettre en place le programme Recyc-Frigo Environnement. Depuis le 31 mars, les consommateurs qui veulent se débarrasser de leurs vieux frigos ou congélateurs peuvent le faire à grâce à ce programme. Non seulement Hydro-Québec se charge-t-elle d'aller chercher les appareils au domicile, mais elle remet un chèque de 60 $ pour chaque appareil récupéré.
D'ici 2010, Hydro-Québec entend récupérer de cette façon environ 230 000 appareils, frigos ou congélateurs, ce qui se traduit par une économie d'énergie de 180 millions de KWh sur trois ans. «C'est une économie d'énergie considérable, explique Hélène Laurin, attachée de presse chez Hydro-Québec. Cela représente un peu moins que la consommation annuelle en électricité d'une ville de la taille de Sept-Îles.»
Fait à noter: les appareils doivent être en mesure de produire du froid et avoir au moins dix ans. «Nous nous sommes concentrés sur les appareils âgés de 10 ans parce qu'ils sont les plus énergivores. Les appareils construits après cette date sont plus efficaces sur le plan énergétique.» Les appareils récupérés seront démantelés et les composantes seront revalorisées ou détruites. On disposera des matières dangereuses, comme les CFC, selon les normes environnementales.
De plus, si le consommateur choisit de remplacer son vieux frigo ou congélateur par un appareil homologué Energy Star, il pourra en plus bénéficier d'une remise de 50 $ pour le frigo et de 25 $ pour le congélateur dans le cadre du programme Energy Star d'Hydro-Québec. Au total, un ménage qui choisirait de remplacer son vieux frigo et son vieux congélateur par des appareils neufs recevrait 195 $ en remise.
Ordinateurs et autres produits électroniques
La récupération des ordinateurs et des périphériques, telles les imprimantes, progresse au Québec, mais il reste encore beaucoup à faire. «La plupart des grandes entreprises, comme Hydro-Québec, par exemple, ont maintenant des ententes avec des récupérateurs en ce qui concerne leurs parcs informatiques», souligne Sophie Langlois-Blouin de RECYC-QUÉBEC.
Mais les individus ne peuvent pas présentement profiter de pareils programmes qui leur permettraient de recycler leurs vieux ordinateurs. Ils doivent agir de leur propre chef. Mais où aller? Le conseil le plus judicieux est de visiter d'abord le site Internet de RECYC-QUÉBEC, où l'on trouve un répertoire des récupérateurs, recycleurs et valorisateurs. «Il y a un moteur de recherche qui permet de trouver le récupérateur ou le recycleur par type de produit ainsi que par région administrative.»
Par exemple, une demande concernant les récupérateurs et recycleurs de matériel informatique pour la région de Montréal a permis d'apprendre qu'il existe 28 organismes ou entreprises en mesure de reprendre ces produits. Ça va de l'organisme à but non lucratif, comme Ordinateurs pour les écoles du Québec, à l'entreprise privée, comme Bureau en gros.
Le cas des téléviseurs usagés demeure, quant à lui, encore plus problématique. Par le passé, le consommateur changeait de téléviseur lorsque l'appareil arrivait en fin de course. Et s'il le faisait plus tôt, il pouvait toujours l'utiliser dans une autre pièce. Mais le passage à la haute définition change la donne. Dans les prochaines années, nombreux seront les consommateurs qui feront l'acquisition d'un téléviseur haute définition à écran plat et se retrouveront donc avec d'anciens téléviseurs, toujours en état de marche, mais désuets sur le plan technologique. Que feront-ils de ces appareils?
Le problème n'a pas échappé au gouvernement du Québec. En mars dernier, Line Beauchamp, ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, a signifié l'intention du gouvernement, à la suite du rapport de la Filière des produits des technologies de l'information et des communications, d'élargir la portée du Règlement de la responsabilité élargie des producteurs (REP). Ce règlement touche aujourd'hui aux résidus de peinture et aux huiles usagées. L'intention est d'y inclure de nouveaux produits, comme les téléviseurs et les ordinateurs. Une fois ce règlement en vigueur, les producteurs de ces produits seront tenus de mettre en place un programme de récupération.
Collaborateur du Devoir
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