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Georges Allaire (georges.allaire@gmail.com)
Envoyé Le vendredi 18 avril 2008 12:00



L'enfant vu de nos yeux

Voir un enfant en plein écran échographique... ose-t-on en croire ses yeux?

Autrefois, il était caché bien enserré dans son habitacle maternel et des supputations erratiques se le dessinaient diversément. On disait qu'un tas informe de chairs prenait du temps pour se former et devenir humain. On disait n'importe quoi. On savait bien qu'un enfant croissait dans sa mère après la visite de son père, quelles que fussent les circonstances de leur rencontre. Mais les signes, les symptômes, de sa présence prenaient ordinairement un certain temps pour se manifester. Nier qu'il soit véritablement là quand il y était ne relevait pas nécessairement d'une volonté retorse. Bien des esprits savants émettaient des doutes.

Mais ce moyen-âge de la science est révolu. Nous découvrons la présence de l'enfant en un bref instant et nous pouvons l'apercevoir clairement. Il faut autant d'incrédulité pour le nier sous la sonde échographique que celle du classique théologien qui aurait refusé de regarder dans le télescope de Galilée afin de ne pas voir le caractère des astres dans le ciel.

Quand donc nous voyons cet enfant dans son refuge naturel, disons même écologique, il n'y a aucun doute qu'il sera la victime des zizifous quand on le tuera. La sophistication des mots ne change pas le fait et révèle seulement l'esprit désobligeant qui les manie. Libre choix... de le tuer. IVG... interruption volontaire de grossesse... éradication consciencieuse et violente de sa vie.

Certes, le père comme la mère ont la possibilité de s'envoyer en l'air selon leurs envies, de tirer profit des vapeurs romantiques ou érotiques ou simplement alcooliques, de chevaucher leurs passions et leur partenaire. Mais quand tout aura été fait, si leur enfant est conclu, leur sottise du moment ne se corrige pas par le décès de l'autre. Le rite mortel d'effacer leur enfant anesthésie tout au plus leur coeur et leur esprit, faisant d'eux des morts-vivants tels des zombis.

Quand nous regardons l'enfant photographié, nous savons qu'il appelle la reconnaissance et la naissance. Le sortir de son milieu de vie sous la forme d'un cadavre mutilé enterre ses, comment dirait-on, ses parents et son médecin, plus profondément que lui. Et nous le savons.

Bof, les politiciens et les activistes qui veulent masquer ce fait. Une conversion est nécessaire au secret de nos coeurs qui abatte les colonnes du temple de la passion folle.

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