Vos réactions
Aristophane et la guerre...
Les japonaises du 14ième siècle portaient le fameux "Kazuki" connu de tous et qui enveloppait complètement et permettait à ces dames de cacher leur visage au regard des hommes. Il n'y a rien de nouveau dans ce sens. Nous, on a tout fait pour dénuder ces corps féminins. C'est à se demander si ce n'est pas à l'inverse, le même abus de pourvoir?
CALONICE. - Mais quel acte insensé ou éclatant pourraient faire les femmes, qui restent toujours à la maison, bien fardées, bien parées, vêtues de robes jaunes, de cimbériques (03) flottantes, et chaussées de péribarides (04) ?
LYSISTRATA, - C'est précisément là ce qui nous sauvera, je l'espère ; oui, les petites robes jaunes, les parfums, les péribarides, l'orcanette (05), les tuniques transparentes.
CALONICE. - Et de quelle manière ?
LYSISTRATA. - De telle façon que nul des hommes d'aujourd'hui ne portera la lance contre les autres...
(Plus loin)...
LYSISTRATA. - Il faut donc nous abstenir des hommes... Pourquoi détournez-vous les yeux ? Où allez-vous ? Holà ! Pourquoi vous mordre les lèvres et secouer la tête ? Vous changez de visage ! vous versez des larmes ! Le ferez-vous, ou ne le ferez-vous pas ? Que décidez-vous ?
MYRRHINE. - Je ne saurais le faire. Que la guerre continue !
CALONICE. - Ma foi, ni moi non plus. Que la guerre continue !
LYSISTRATA. - C'est toi qui dis cela, belle barbue ? Tout à l'heure tu prétendais donner la moitié de ta personne.
CALONICE. - Oui, pour toute autre chose que tu voudras : fallût-il passer au milieu des flammes, je suis prête à marcher! tout, plutôt que s'abstenir de cela, car ce n'est pas possible, ma chère Lysistrata.
LYSISTRATA. - Et toi ?
MYRRHINE. - J'aime mieux aussi passer au milieu des flammes !
LYSISTRATA. - O sexe dissolu ! je ne m'étonne pas que nous fournissions des sujets de tragédies ! Nous ne sommes bonnes qu'à une seule chose. O ma chère Lacédémonienne ! car toi, si tu restes seule avec moi, nous pouvons encore tout sauver ; seconde mes projets.
LAMPITO. - Par les déesses, il est bien difficile pour des femmes de dormir toutes seules. Il faut pourtant s'y résoudre ; car la paix doit passer avant tout.
