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Lorsqu'il FAUT perdre : Des gars des buts aux dégâts des buts

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Denis Beaulé
Envoyé Le vendredi 18 avril 2008 09:00



Le CH n'avait d'autre choix, hier. Il lui FALLAIT perdre. Question de faire redescendre la température en ville. Et question, bien sûr, peut-être plus encore, d'alimenter ou de garder bien garnie la cagnotte du CH ou/et de la Ligue. Question d'économie et de préservation de l'industrie.
La question n'est donc pas «pourqu[o]i» avoir perdu (à cela on connaît la réponse) ; c'est plutôt «comment» s'y est-on pris, comment s'y prend-on pour perdre ?
À cet égard, hélas, on n'aura guère innové. Le plus simple étant de réutiliser la bonne vieille recette de hockey arrangé avec le gars des buts. Assaisonnée, copieusement ou juste à point, de buts. Donnés. Cadeaux.
Du fait que, on ne le sait que trop, il s'avère bien plus facile, en l'enceinte et moyennant l'utilisation (du gars) des buts, plus que n'importe où ailleurs ou qu'avec quiconque d'autre ou que n'importe comment autrement, de réguler le cours du jeu au moyen d'UN joueur-clé (plutôt) qu'à l'aide de plusieurs (ceci s'avérant très/trop ardu à concerter).
Car QUI (d'autre), en effet, en pareille organisation, pourrait être plus joueur-clé, plus sûr et efficace, que celui ayant le pouvoir de laisser rentrer la rondelle là où ça fait une différence ? Il n'y en n'a pas.
Voilà pourquoi, donc, c'est ainsi qu'on organise et régule la chose.
Il fait chaud, trop chaud (dehors) ? Alors, toi, là, gars des buts avec qui tout est arrangé, tu vas t'arranger pour (faire) perdre la partie. 'Nous', ensuite, qui te payons pour ce que tu fais, jouerons les innocents. Ou, mieux, te ferons passer, toi, pour un innocent. Pour un débutant. Qqn pas trop capable de mettre un pied devant l'autre à l'occasion. P't'être 'poqué' ou drogué (aussi), qui sait. Mais qu'importe ! T'es grassement 'payé pour' - (pour être pied aussi, si tu ne veux [risquer de l']être mis à pied).
On dira que le gars des buts -- avec qui tout est soigneusement convenu et ficelé -- «a mal paru» sur ce but-là, qu'il «a été faible» sur celui-ci ou qu'il a commis une erreur telle autre fois.
Au lieu de dire la simple vérité : que le gars des buts -- avec qui tout est arrangé -- a[vait] comme impérieuse et sévère consigne et commande de faire perdre son équipe, (parfois), sous peine d'y perdre soi-même son 'job' (advenant refus ou 'échec' à cet effet de sa part).
Et en après-match, le gars des buts avec qui tout est arrangé, lors de son point de presse, ne pourra réprimer le geste typique de qui ment, lorsqu'il essayera, sans y parvenir, d'expliquer pourquoi ça s'est insensément passé différemment de comment ça devait censément se passer.
Et les commentateurs-experts feront de même. Réunis autour d'une table, ils tenteront de laisser croire qu'ils ne sont au courant de rien, ne savent rien, n'ont rien vu, ne voient rien. Ah, cette bévue, oui ; cette autre, aussi. Mais que tout soit arrangé avec le gars des buts, ah, ça, non, voyons ! Faisons semblant, donc, d'être abattus. Soyons de bons comédiens, si possible, nous aussi. N'y va-t-il pas de notre 'paye' même ? Si. Alors, fermons les yeux. Tout doucement. Et surtout notre bouche. Fermement. Sur la vérité. Ainsi, certes, tout le monde (ou presque) se fera-t-il bien baiser. Mais ça fera tourner l'économie et l'industrie au moins, quoi. Et l'économie, on en a besoin, hein ? Tellement mais tellement besoin ! Alors, n'en faisons donc point l'économie...

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