Bruins 5, Canadien 1 - Débandade au Centre Bell

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Guillaume Bourgault-Côté
Édition du vendredi 18 avril 2008

Mots clés : Guy Carbonneau, Canadien de Montréal, Bruins de Boston, Hockey, Sport, États-Unis (pays), Montréal

«Le travail n'était pas là», estime Carbonneau

Glen Metropolit (à droite) et Petteri Nokelainen célèbrent la victoire des Bruins.

Photo: Agence Reuters

Guy Carbonneau avait son regard noir après le match d'hier soir. Celui qui dit tout sans un mot. Mais pour être sûr d'être bien clair, il a expliqué la cuisante défaite de son club de manière lapidaire. «Les joueurs ont manqué de concentration. Ils sont revenus à Montréal. La ville est en feu. Tout le monde leur dit qu'ils sont bons et ils ont dû le croire.» Fin du point de presse, merci et à demain.

Montréal attendra donc encore un peu avant d'honorer -- peut-être -- cette tradition quasi-ancestrale qui consiste à éliminer Boston aux premiers rayons chauds du printemps. La faute aux Bruins et à leur victoire de 5-1, bien sûr. Mais aussi à Carey Price, qui a commis une rare et grosse erreur de débutant, hier soir au Centre Bell, pour amorcer une troisième période catastrophe pour le Canadien.

Le gardien de 20 ans a plus souvent des allures de vétéran depuis le début des séries. Mais il a carrément donné un but à Glen Metropolit en début de troisième période, ce qui a coupé les jambes au Tricolore, qui a regardé passer le reste du match.

Ce qui s'est passé? Au lieu de conserver une rondelle qu'il venait de gober dans sa mitaine, Price l'a remise directement sur le bâton de Metropolit, qui n'a eu qu'à la pousser dans un filet désert pour inscrire le but gagnant. «J'ignorais qu'un joueur des Bruins se trouvait juste à côté», a expliqué le gardien. Price a semblé perdre toute sa confiance et Boston s'est payé un pique-nique en enfilant trois autres buts. À chaque filet des Bruins, le Centre Bell perdait quelques degrés d'ambiance. Tellement que la foule n'avait même plus le coeur à huer son souffre-douleur Zdeno Chara quand il a inscrit son premier but des séries. Et la place s'est vidé bien avant la fin, après des buts successifs de Marco Sturm (en désavantage numérique) et Vladimir Sobotka. En fait, il faisait carrément froid dans le Centre Bell.

Cette période atroce pour Price et le Canadien fait en sorte que l'équipe devra se farcir un séjour à Boston demain pour tenter de passer à la seconde ronde des séries éliminatoires.

Explications, Patrice Brisebois: «On est peut-être tombé dans le piège en se disant qu'ils allaient abandonner, a indiqué le défenseur après le match. Mais ça n'arrive pas en séries. On n'a pas assez bien joué. Il faut se regrouper, revenir à notre système de jeu, être plus agressif. Ce soir, ça ne marchait pas. On manquait de cohésion. Il y a des matchs comme ça. Comme joueur, sur le banc, on se demandait ce qui n'allait pas. Ça arrive. Mais on va se reprendre à Boston.»

Pour Guy Carbonneau, l'équipe a simplement oublié de jouer... en équipe. «Le travail n'était pas là», a lancé l'entraîneur, qui a refusé de montrer du doigt Carey Price. «C'est une erreur de jeunesse. Il va apprendre. C'est l'expérience qui rentre. J'ai l'ai vu jouer à Hamilton l'an dernier et il a toujours rebondi après un mauvais match.»

«Je n'ai pas l'habitude d'avoir deux mauvais matchs de suite, a dit Price. Je vais me reprendre à Boston. On a simplement raté notre coup ce soir. Mais c'est seulement un match». Même son de cloche du côté du capitaine Alex Kovalev, qui a disputé un fort match dans l'ensemble. «Il n'y a pas de raisons de paniquer à ce stade. On sait quoi faire pour gagner. Il faut jouer 60 minutes. Commencer par une bonne défensive, ensuite créer de l'attaque.»

La crinière au vent

Au moins, les partisans qui remplissaient le Centre Bell auront eu droit à une pièce d'anthologie avant la débandade. Gracieuseté de Kovalev, évidemment. Il a signé le seul but du Canadien comme on le faisait dans le temps: avec pas de casque et beaucoup d'inspiration. Quelque chose qui ressemble à de la poésie sur patin.

Mis en échec par le grand Chara en milieu de première période, Kovalev a perdu son casque devant le banc des Bruins. Sa longue crinière blonde au vent, Kovalev l'Artiste s'est alors emparé de la rondelle, a poussé deux ou trois enjambées pour servir une feinte de haut niveau à Peter Schaefer avant de refiler la rondelle entre ses jambes à Patrice Brisebois. Ce dernier a lancé vers le but, mais Kovalev a saisi la rondelle au vol pour tricoter un dernier bout de dentelle avant de déjouer Tim Thomas du revers. Mémorable. Tous n'avaient qu'un nom en tête pour qualifier le but: Guy Lafleur, démon blond de son état.

Le Canadien s'entraînera aujourd'hui à Montréal avant de prendre la route pour Boston.


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Erreur de jeunesse ou oeuvre de sagesse ? - Autre version... - par Denis Beaulé
Le vendredi 18 avril 2008 14:00

Bof! - par Lapierre Claude
Le vendredi 18 avril 2008 09:00

Lorsqu'il FAUT perdre : Des gars des buts aux dégâts des buts - par Denis Beaulé
Le vendredi 18 avril 2008 09:00

5à1 - par Richard Brin (brinrt@hotmail.com)
Le vendredi 18 avril 2008 05:00

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