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Le quart des Américains louent leurs films sur Internet et les reçoivent par la poste. Ici, les cinéphiles hésitent encore.

«Aux États-Unis, c'est une tendance en croissance: 25 % des Américains utilisent ce service comparativement à 18 % il y a deux ans. On constate une nette progression», indique Abdelouahab Mekki Berrada, membre de la Chaire de commerce électronique de HEC Montréal.
De son côté, le président de la chaîne SuperClub Vidéotron, Donald Lizotte, ne nie pas surveiller de près ce qui se passe sur le marché nord-américain. «Aux États-Unis, en 2004, 85 % des locations se faisaient en magasin, 10 % venaient de la vidéo sur demande et 5 % par la poste. En 2007, 66 % des locations se sont faites en magasin, 12 % par la vidéo sur demande, 20 % par la poste et 3 % dans les machines distributrices. C'est le système postal qui a subi la plus forte croissance», observe-t-il.
Bien que peu connu, le service de location en ligne est disponible au pays. Alexandre Lavigne, responsable du service à la clientèle de DVDzap.ca, une entreprise de location de films sur Internet au Canada, explique que «plusieurs de [leurs] clients viennent de régions éloignées et n'ont pas accès à des clubs vidéo». L'envoi postal évite à ces personnes de se déplacer. L'absence de frais de retard et le grand choix de films attirent également de nombreux membres.
M. Mekki Berrada note un avantage supplémentaire: la location Internet permet aux membres d'avoir accès à un nombre infini de critiques cinématographiques. Les clients qui vont au club vidéo doivent quant à eux consulter les commentaires avant de se déplacer. Par Internet, tout se passe en direct: «Le client peut consulter l'avis des consommateurs et des pairs avant de faire l'acquisition. Il peut voir ce que les gens en ont pensé avant de faire la location», affirme-t-il.
Marc Labelle, porte-parole de Vidéotron, est d'un enthousiasme plus modéré. «L'idée de l'envoi postal est étrange quand on sait que les gens veulent leur film dans l'immédiat. Avec la poste qui prend trois jours, les gens vont peut-être changer d'idée entre-temps et vouloir regarder un autre film», signale-t-il.
Parmi les abonnés de Vidéotron, 45 % ont accès à Illico, service qui offre de visionner une sélection de films et d'émissions à tout moment. Illico mise d'ailleurs sur le slogan «Regardez ce que vous voulez quand vous le voulez».
À l'apparition de la première entreprise de location de films par Internet au Québec, Vidéotron a montré une certaine ouverture à ce genre de service. Aujourd'hui, l'idée est morte. Blockbuster ne songe pas non plus à implanter la location en ligne pour l'instant.
«Il y a une grosse différence entre le marché américain et le marché canadien, et encore plus avec celui du Québec. Ici, les gens n'ont pas peur de sortir après 18h. Et aux États-Unis, le service postal fonctionne six jours par semaine plutôt que cinq comme ici», raconte M. Lizotte. Conscient que les gens apprécient le fait de pouvoir retourner leurs films quand ils le désirent, la chaîne a étiré la période de location à sept jours et les retours se font plus tard en soirée.
Néanmoins, M. Mekki Berrada estime que la tendance remarquée aux États-Unis devrait apparaître au Canada et au Québec. «Ce n'est qu'une question de temps... La majorité des gens sont branchés. On n'est juste pas habitués à cette méthode», dit-il. Selon lui, les entreprises de location de films doivent sérieusement prendre en considération le service Internet. Le spécialiste du commerce électronique estime d'ailleurs que l'avenir appartient à ceux qui «laisseront le choix aux clients, c'est-à-dire de recevoir leur DVD par la poste, d'aller le chercher au club vidéo ou éventuellement de le recevoir directement sur leur écran d'ordinateur».
Le téléchargement dans 10 ans?
Les services de location de films comptent bien continuer à s'adapter aux nouvelles technologies. Le téléchargement de films loués n'est tout de même pas près de voir le jour au Québec, alors qu'aux États-Unis il se pratique depuis le début de l'année par l'entremise de iTunes. Le service n'est toutefois pas optimal puisqu'un film de deux heures prend sept heures à se télécharger et que la qualité de l'image laisse parfois à désirer.
«Les gens ont de plus en plus d'écrans plats et de cinémas maison. Avec le téléchargement, ils n'auront pas la qualité d'images qu'ils veulent pour bénéficier de leur investissement», soutient M. Lizotte. Pour pouvoir télécharger un film en cinq minutes, la vitesse doit tourner autour de 160 Mbit/s. Vidéotron affirme détenir cette technologie, mais elle désire que les clients s'habituent graduellement au service 50 Mbit/s lancé récemment sur le territoire de Laval.
Pour Shelagh O'Connor, directrice des communications de zip.ca, compagnie de location et d'envoi postal de films, «si ce n'était pas de la technologie et des licences, on offrirait ce service dès maintenant», déclare-t-elle.
Le temps d'attente de téléchargement réduit à cinq minutes n'est pas envisagé à court terme par Vidéotron. M. Berrada croit quant à lui que «d'ici 10 ou 12 ans quelque chose d'intéressant devrait apparaître»!
Vos réactions
Des prix competitifs SVP!! - par Daniel Desjarlais
Le dimanche 20 avril 2008 22:00
160 Mb/s pour un film en 5 minutes ? - par Rémi Vachon
Le samedi 19 avril 2008 03:00
Regardez ce que vous voulez quand vous le voulez - par Vincent Dion
Le vendredi 18 avril 2008 21:00
Netflix..un excellent systeme pour..cinephiles avertis !! - par Daniel Desjarlais (dan.desjarlais@gmail.com)
Le vendredi 18 avril 2008 13:00
Les clubs videos ? fini ! - par Bertrand Leger
Le vendredi 18 avril 2008 11:00
ZIP.CA - une excellente initiative - par Brian Carey (brian_carey@globetrotter.net)
Le vendredi 18 avril 2008 09:00

