Le port de Montréal nourrit de grands projets

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La Presse canadienne
Édition du vendredi 18 avril 2008

Mots clés : port de Montréal, Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Port, Montréal

Le port de Montréal caresse un vaste projet de 2,5 milliards d'ici 2020, qui permettra notamment de plus que doubler sa capacité de manutentionner des conteneurs.

En présentant son projet devant les convives de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, hier, le p.-d.g. de l'administration portuaire de Montréal, Patrice Pelletier, a soutenu que 41 000 emplois directs et indirects seraient ainsi créés et maintenus, d'ici 2020, comparativement à 18 000 à l'heure actuelle, grâce aux activités du port de Montréal.

M. Pelletier n'y est pas allé de main morte, parlant carrément de «projet de société» qui lui permettra de «réaliser le port dans la ville» de Montréal. Ultimement, le port qui a manutentionné l'an dernier 1,4 million de conteneurs, planifie d'en porter le nombre à 3,4 millions en 2020. La capacité sera même portée à 4,5 millions.

Cette croissance amènera sûrement nombre de camions, de trains par les rails du CN, sans compter la manutention des conteneurs. «Je crois que les impacts les plus importants sur lesquels on va s'attarder, dans les prochains mois, c'est au niveau du transport ferroviaire. On va devoir regarder l'alignement du transport ferroviaire des conteneurs et s'assurer qu'on a des mesures pour diminuer le bruit et éliminer les problèmes et faire des mesures compensatoires en fonction de ce qu'on va avoir comme tracé final», a commenté M. Pelletier.

L'administration portuaire semble avoir tiré des leçons de précédents mégaprojets qui ont avorté après des protestations de groupes de citoyens et de groupes de pression. «Le projet n'est pas sur la table avec les plans, pour dire: "Voici ce qu'on va construire". On a laissé beaucoup de flexibilité. J'ai parlé du fait qu'on devrait faire ça avec nos partenaires et I mean it», a affirmé M. Pelletier.

M. Pelletier souhaite obtenir de l'aide financière du gouvernement fédéral pour mener à bien son projet, soit entre 450 et 650 millions. Une loi devra même être adoptée pour accroître sa capacité d'emprunt. Il cherche également des partenaires privés.

Le projet n'est en effet pas ficelé de A à Z. La première phase visant à optimiser l'utilisation des installations actuelles est déjà commencée, mais pas les phases d'expansion. Pour les phases 3 et 4, l'administration portuaire devra décider si elle prend son expansion à Montréal-Est ou Contrecoeur. La troisième phase doit être lancée au début de 2009.

L'installation de Montréal-Est coûterait moins cher à aménager, parce que l'infrastructure de base est déjà là. De plus, elle serait fonctionnelle dès 2014, contre 2016 pour Contrecoeur. Par contre, elle augmenterait le trafic ferroviaire dans Montréal-Est.

L'administration portuaire a également dans ses cartons un projet récréotouristique de réaménagement du quai Alexandra, situé près du musée Pointe-à-Callière. Elle veut en faire une adresse de prestige, une sorte de complexe artistique, culturel, qui attirera des touristes. Cette portion des projets du port de Montréal reste toutefois à être peaufinée avec d'autres partenaires.

Conscient des répercussions de la croissance de ses activités sur les citoyens, M. Pelletier évoque déjà la création d'une société, Les amis du port de Montréal, qui s'occupera des communications avec la population du Grand Montréal et qui veillera à ce que l'administration portuaire remplisse ses obligations envers la communauté.

Par exemple, le 31 août, il y aura «portes ouvertes» pour le public afin de faire mieux connaître le port de Montréal. De même, «des analyses et des études en cours nous permettront de décider comment nous agirons, soit par des mesures d'atténuation ou de compensation», a précisé M. Pelletier.

Réaction

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, qui a assisté à l'allocution du président de l'administration portuaire, s'est montré très enthousiaste, en entrevue. «C'est un projet très emballant pour Montréal.»

Le maire est conscient qu'avec les autres projets de réaménagement de la rue Notre-Dame et du CHUM pas très loin, cela fera beaucoup d'activité, beaucoup de camions, beaucoup de construction. «On ne peut pas tenir un double discours pour dire qu'à Montréal, il n'y a pas de projets, qu'il y a de l'immobilisme quand on échappe un projet. Oui, il y a beaucoup de projets, mais on est capable de gérer l'ensemble des projets», a commenté le maire, qui a également rappelé les projets du Quartier des spectacles et de Griffintown.


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