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du cancer aux cancers

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Guillaume D
Envoyé Le jeudi 17 avril 2008 09:00



La formule semble être commune au XXI siècle. En effet, alors que le progrès technologique est exponentiel, on parle même «d'hypertechnologie», la connaissance technique a désormais dépassée même les cadres suggérés a priori. Nous sommes en quelque sorte baignés dans une société de progrès qu'elle touche les nanotechnologies ou la mécanique aérospatiale. La question se situe dans cet ordre : alors que nos modes de socialisation s'accroissent de plus en plus à travers une société dite «médicalisé», où le progrès médical est la mesure étalon en quelque sorte de notre progression scientifique en générale, par quel moyen peut-on juger, valider notre propre connaissance -celle de l'homme depuis des millénaires- alors que l'on découvre du même coup une myriade de composantes de nature chimique ou naturelle, d'objets, etc. qui comportent des risques pour notre vie? Autrement dit, alors qu'on tend à vouloir prolonger notre existence par les biens fait du progrès médical, on découvrirait en même temps certaines conditions qui mettraient en danger notre vie, de nouveaux éléments qui puissent faire obstacle à notre existence : parfums, produits laitiers, plastiques composites, désodorisant, etc. Bref, les molécules en sont infinies.

Médicalement parlant, l'idée de cancer est d'abord intériorisée, c'est-à-dire qu'au tout début, qu'il soit latent ou non, il prolifère dans l'organisme à une certaine période de sa vie. Le cancer, comme toute autre maladie, est individuel et unique par expérience en chacun de nous. Or, les avancées du savoir scientifique laissent suggérer que le cancer peut être provoqué non seulement de l'intérieur (dégénérescence des cellules, hérédité issue des gènes, etc.) mais qu'il peut a priori être produit de l'extérieur, c'est-à-dire par des composantes exogènes, qui par la suite contaminent l'organisme humain. Ceci alourdit donc la liste des possibilités des causes du cancer et démontre d'emblée la fragilité humaine contre son savoir scientifique. Cette idée laisse donc croire à une conception du cancer qui n'est plus médicale seulement, mais qui dépasse ses propres frontières en se retrouvant dans le social, dans la culture et nos mythes. Cette même idée renvoie donc à la multiplicité des définitions du cancer entre être ici et là-bas. Le cancer peut-être en nous comme il peut, loin de notre corps physique, le pénétrer et y germer.

En définitive, le cancer témoigne peut-être malgré notre potentiel, de notre incompréhension de la maladie -du cancer ou des cancers- et de son caractère multiformes. Car certains, ne l'oublions pas, indiquent que s'il y a maladie, il faut essentiellement qu'il y ait médecine pour la reconnaître et la circonscrire. Sommes-nous ainsi les propres artisans de nos maladies?

Guillaume Durou
Université Laval

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