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du cancer aux cancers
Médicalement parlant, l'idée de cancer est d'abord intériorisée, c'est-à-dire qu'au tout début, qu'il soit latent ou non, il prolifère dans l'organisme à une certaine période de sa vie. Le cancer, comme toute autre maladie, est individuel et unique par expérience en chacun de nous. Or, les avancées du savoir scientifique laissent suggérer que le cancer peut être provoqué non seulement de l'intérieur (dégénérescence des cellules, hérédité issue des gènes, etc.) mais qu'il peut a priori être produit de l'extérieur, c'est-à-dire par des composantes exogènes, qui par la suite contaminent l'organisme humain. Ceci alourdit donc la liste des possibilités des causes du cancer et démontre d'emblée la fragilité humaine contre son savoir scientifique. Cette idée laisse donc croire à une conception du cancer qui n'est plus médicale seulement, mais qui dépasse ses propres frontières en se retrouvant dans le social, dans la culture et nos mythes. Cette même idée renvoie donc à la multiplicité des définitions du cancer entre être ici et là-bas. Le cancer peut-être en nous comme il peut, loin de notre corps physique, le pénétrer et y germer.
En définitive, le cancer témoigne peut-être malgré notre potentiel, de notre incompréhension de la maladie -du cancer ou des cancers- et de son caractère multiformes. Car certains, ne l'oublions pas, indiquent que s'il y a maladie, il faut essentiellement qu'il y ait médecine pour la reconnaître et la circonscrire. Sommes-nous ainsi les propres artisans de nos maladies?
Guillaume Durou
Université Laval
