Sylvain Lafrance, directeur général de TV5 Monde?

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Antoine Robitaille , Paul Cauchon
Édition du jeudi 17 avril 2008

Mots clés : TV5 Monde, Sylvain Lafrance, Média, France (pays), Québec (province)

La saga de TV5 Monde a donné lieu à d'intenses négociations hier à Paris alors que, selon les informations du Devoir, le nom de Sylvain Lafrance, patron des services français de Radio-Canada, circule comme éventuel directeur général de TV5 Monde.

De passage hier à Québec, le secrétaire d'État français à la Francophonie, Alain Joyandet, a d'ailleurs déclaré aux médias que «nous sommes prêts à ce que le numéro 2 de TV5, ce qui n'a jamais été le cas pour l'instant, soit francophone et non français». Interrogé à savoir si ce pourrait être un Québécois, il a répondu: «Par exemple.»

Sylvain Lafrance, qui est membre du conseil d'administration de TV5, était à Paris hier, et il a été impossible de lui parler. À la haute direction de Radio-Canada, toute question portant sur TV5 était référée «aux autorités politiques».

On croit comprendre que les négociations actuelles, fort complexes, portent sur le rôle d'un directeur général indépendant pour TV5, qui aurait toute latitude et qui ne serait pas soumis à la nouvelle structure France Monde souhaitée par le président Nicolas Sarkozy.

Le gouvernement français avait annoncé l'année dernière son intention de regrouper dans une nouvelle structure, appelée France Monde, toutes ses actions dans le domaine de «l'audiovisuel extérieur», soit TV5 Monde, France 24 (la chaîne d'information continue) et RFI.

Depuis des mois, les gouvernements partenaires de TV5 Monde, soit le Canada, le Québec, la Belgique et la Suisse, s'opposent au projet, faisant valoir que TV5 Monde doit représenter l'ensemble de la Francophonie et ne pas être sous contrôle français exclusif.

La semaine dernière, les représentants de la télévision suisse romande ont menacé de se retirer de TV5 si le nouveau TV5 était entièrement subordonné à la France.

Les 48 dernières heures ont été fertiles en péripéties. Dans la nuit de mardi à hier, les représentants du gouvernement québécois auraient fait parvenir une contre-proposition à la France pour dénouer l'impasse. Au cabinet de la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, on a expliqué que cette proposition concernait la «gouvernance» de TV5.

Hier, les partenaires de TV5 se réunissaient à Paris pour une réunion jugée cruciale. Cette réunion a toutefois été annulée, faute de quorum.

Selon les déclarations de représentants syndicaux des employés de TV5 auprès de l'Agence France-Presse, une première réunion matinale s'était mal passée et, après la suspension de la rencontre, plusieurs administrateurs ne s'étaient pas présentés, privant l'assemblée de quorum. «C'est une action concertée», indiquaient les représentants des employés.

Par ailleurs, les salariés de TV5 Monde avaient adopté mardi une résolution demandant que le directeur général de TV5 «soit francophone, mais non français, et qu'il bénéficie d'une autonomie réelle par rapport au holding» créé par le président Sarkozy.

Le projet initial du gouvernement français consistait à regrouper les trois groupes audiovisuels (TV5, RFI et France 24) au sein de France Monde, dont le président serait Alain de Pouzilhac et la directrice générale Christine Ockrent, journaliste qui est par ailleurs la compagne du ministre Bernard Kouchner, ce qui faisait également craindre aux partenaires étrangers un contrôle gouvernemental serré sur France Monde.

Non seulement le holding ne s'appellerait plus France Monde, mais les négociations semblent maintenant porter sur les pouvoirs d'un directeur général qui s'occuperait de TV5 Monde en toute indépendance.

C'est dans ce contexte que le nom de Sylvain Lafrance a circulé, avec l'idée de confier le poste à un francophone de l'extérieur de la France. La réunion d'hier a probablement achoppé sur la question des pouvoirs véritables dont ce directeur général devrait disposer.

Une source a indiqué au Devoir que la nomination de M. Lafrance serait une «suite logique» au travail qu'il a effectué l'automne dernier alors qu'il avait rédigé en compagnie de Jean-Pierre Cottet, ancien président de France 5, un mémoire sur l'avenir des programmes de TV5.

Le secrétaire d'État français Alain Joyandet a indiqué hier à Québec qu'«il reste un point sur lequel il faut continuer à avancer, qui est celui de la gouvernance. Mais nous sommes d'accord sur l'essentiel. TV5, qui est un outil exceptionnel et multilatéral, est totalement préservé dans son identité et dans sa structure. C'est quelque chose qui est très important et qui était une revendication, une crainte de nos partenaires. Alors, sur ce sujet, il n'y a pas de débat. TV5 reste TV5. La France a fait des avancées très importantes. L'actionnariat français est vu et revu à la baisse dans le capital de TV5».

M. Joyandet a ensuite exprimé son accord avec le fait que le patron de TV5 soit «francophone et non français. Reste à se mettre d'accord sur la répartition des rôles entre celui qui sera le président de TV5 et celui qui en sera le numéro 2».


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De sérieuses réserves... - par Nicolas St-Gilles
Le jeudi 17 avril 2008 10:00

L'entente secrète entre GESCA et la SRC se poursuit-elle??? - par Réjean Beaulieu (rejean.beaulieu@shaw.ca)
Le jeudi 17 avril 2008 09:00

Sylvain Lafrance, directeur général de TV5 Monde? - par Alain Niveleau (alain.niveleau@laposte.net)
Le jeudi 17 avril 2008 08:00

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