Kandahar - Les soldats pleurent le départ de leur chef d'état-major

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

La Presse canadienne
Édition du jeudi 17 avril 2008

Mots clés : Rick Hillier, Forces armées, Afghanistan (Pays), Canada (Pays)

Rick Hillier

Photo: Agence Reuters

Kandahar, Afghanistan -- Les soldats canadiens de la base de Kandahar, en Afghanistan, ont décrété la journée d'hier «jour noir» après avoir appris le départ à la retraite du chef d'état-major des Forces canadiennes.

Le général Rick Hillier, qui occupait ses fonctions depuis trois ans, était particulièrement apprécié de ses troupes. Les militaires lui attribuent le mérite d'avoir sorti l'armée canadienne de «l'âge des ténèbres» des années 90 en lui redonnant moyens financiers et sens des valeurs.

La nouvelle de ce départ -- le général Rick Hillier quittera son poste en juillet -- était sur les lèvres de tout ce qui porte un uniforme canadien dans la base afghane.

«Je suis dans l'armée depuis 20 ans et il a fait des merveilles pour nous. Il est l'une des grandes figures des Forces canadiennes et il va nous manquer», a déclaré le caporal-chef Bob Gaudet, âgé de 40 ans, originaire de Moncton.

«Tout le monde l'appréciait, alors tout le monde est très déçu par son départ», a ajouté le caporal-chef Brad McCaughey, âgé de 36 ans.

Pour le lieutenant-colonel Dan Drew, âgé de 50 ans, commandant adjoint de la formation offerte par le Canada à l'armée nationale afghane, Rick Hillier est tout simplement un héros qu'il ne sera pas facile de remplacer.

«Il nous a sortis de l'âge des ténèbres des années 90, il a reconstruit et réorganisé l'armée. Il nous a rendus fiers de ce que nous sommes. Il a aussi permis au peuple canadien d'apprendre à nous connaître et à redevenir fier de son armée», a-t-il déclaré.

L'une des plus grandes réalisations de M. Hillier, estime Dan Drew, est d'avoir amélioré la prise en charge par les Forces canadiennes des soldats blessés et des familles de soldats décédés sur le terrain. Selon lui, Rick Hillier est tout simplement le meilleur chef d'état-major que l'armée canadienne ait connu depuis le général Jacques Dextraze, qui a servi de 1972 à 1977.

Bien que le général Hillier n'affiche aucune ambition politique, Dan Drew lui prédit un avenir à Ottawa. «Je vois bien Rick Hillier comme notre prochain premier ministre», a-t-il dit.

L'immense popularité dont jouit Rick Hillier auprès des militaires ne s'explique pas uniquement par la capacité qu'il a eue d'obtenir des crédits pour l'armée et de convaincre le gouvernement de lui confier à nouveau des missions opérationnelles -- comme celle qu'il a orchestrée en Afghanistan.

Pour de nombreux soldats, Rick Hillier était aussi un chef solidaire et proche de ses troupes. Ses visites en Afghanistan étaient fréquentes, tant pour soutenir le moral des hommes et des femmes du rang que pour rencontrer le commandement.

Deux fois par an, il avait l'habitude de se rendre à Kandahar avec d'anciens joueurs de hockey pour organiser des parties de hockey-balle avec les militaires et leur montrer la coupe Stanley, qu'il amenait dans une remorque.

«Les talibans ont été bien plus proches de la coupe Stanley que les Maple Leafs de Toronto ne l'ont jamais été», aimait-il lancer sur le ton de la plaisanterie à propos de son équipe favorite.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com