Et puis euh - Y en aura des difficiles
Mots clés : Canadien de Montréal, RDS, Hockey, Sport, Montréal
N'importe qui vous le confirmera: en séries, la série la plus difficile à gagner est la première série. Pourquoi? Parce que. C'est ce qu'ils disaient l'autre jour à la radio: y en aura pas de facile, mais celle-là est particulièrement revêche. C'est logique: la difficulté atteint une telle ampleur que huit équipes ne parviennent pas à franchir le tour initial, alors qu'au deuxième tour il n'y en a que quatre, deux au troisième et une seule en finale de la Stanley. À vrai dire, une fois la première série passée, le parcours s'apparente à une sorte de pique-nique. Il ne serait d'ailleurs aucunement surprenant qu'en juin, on se retrouve avec huit champions. Pourquoi en effet limiter la liesse de la victoire à une seule ville? Le monde irait bien mieux avec des gagnants partout, on pourrait faire un relais de la coupe où il n'y aurait pas de protestataires contre le sort réservé au Tibet parce cela n'intéresse pas vraiment les amateurs de hockey.
(Remarquez, il y a quelques années, un expert a dit à la télé que dans une série donnée, le dernier match était le plus difficile à gagner. Ce qui serait tout aussi logique, puisque des 16 équipes qui participent aux séries, pas plus d'une seule remporte sa dernière rencontre, pour une probabilité d'échec ultime de 93,75 %. Faites le test: disposez 16 coquilles devant vous et demandez à une personne impartiale de placer sous l'une d'elles, pendant que vous allez dans une autre pièce voir si vous avez reçu un courriel en provenance de la Côte d'Ivoire vous demandant de donner votre folio de caisse pop afin qu'on y verse dix milliards de dollars, un grain de maïs soufflé non encore soufflé. Si vous n'avez pas de coquilles sous la main, vous pouvez utiliser tout objet semi-sphérique non translucide. À votre retour, choisissez une seule coquille. Ça y est, vous avez choisi? Contient-elle le grain? Non? Je le savais. Voilà combien il est difficile de gagner le dernier match. D'autres démonstrations mathématiques suivront.)
Or donc, première série induit premier match. Et, messieurs dames, qui a gagné le premier match de la série entre le Canadien et le Boston? Je ne vous le fais pas dire: le Canadien, 4 à 1. On pourrait dès lors annoncer qu'ayant remporté la joute la plus difficile, le Canadien est assuré de gagner la série, mais il y a encore mieux: ce match est jusqu'à maintenant le seul que le Canadien ait remporté facilement. Je vous soumets donc l'interrogation suivante: quand un club gagne facilement le match le plus difficile, est-ce que ça ne signifie pas un peu qu'il est très fort? De là à, il n'y a qu'un pas, tout comme il n'y a qu'un pas dans l'expression «le Canadien va passer le premier tour avec pas de problème».
Poussons encore la conceptualisation. La première série et le premier match s'imposant par leur difficulté respective de s'y imposer, il faut conclure que dans un match donné pris comme un ensemble, le premier but est bien des choses sauf gratuit et sans conséquence. À cet égard, on notera une incidence à couper net toute activité pour examiner attentivement les sommaires: dans la série Montréal-Bruins, les quatre matchs ont été gagnés par l'équipe qui a compté le premier but. Cependant, dans les matchs 2, 3 et 4, le premier but a eu moins d'impact parce que ceux-ci sont faciles à gagner. Mais dans le gros premier match, non seulement le Canadien a marqué en premier, mais très vite, à 34 secondes de la première période alors que Tim Thomas n'était pas réchauffé. Ce fut donc, encore là, un but facile dans le match le plus difficile.
Si on avait à se résumer, on pourrait donc dire que le Canadien, après ces exploits, est littéralement assuré de se pousser avec la Stanley. Je ne vois pas pourquoi vous vous énervez autant, c'est scientifiquement prouvé. Après 34 secondes, on le savait déjà.
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Puisqu'il est question de 34, si vous croyez que le monde du sport n'est pas tout simplement merveilleuxª, voyez plutôt ceci.
Les Yankees de New York font actuellement construire un nouveau stade qui ouvrira ses portes l'an prochain juste en face de leur demeure actuelle. Or, la semaine dernière, un employé de la construction partisan des ennemis jurés des Yankees, les Red Sox de Boston, qui a travaillé une journée sur le chantier, a fait savoir qu'il avait coulé un chandail des Red Sox dans le béton des fondations du stade en devenir. Motif: jeter un mauvais sort sur les Yankees.
Lorsqu'il a appris la nouvelle, le président des Yankees, Randy Levine, a d'abord dit qu'il ne croyait pas à ces fadaises. Puis, il s'est ravisé: «Pourquoi récompenser quelqu'un qui a fait une mauvaise chose?», a-t-il réfléchi tout haut.
Après plusieurs appels d'employés qui avaient travaillé avec le farceur, un dénommé Gino Castignoli, et qui disposaient d'informations à propos de l'emplacement approximatif du chandail, les Yankees ont décidé de prendre les grands moyens: ils ont fait creuser dans les fondations lundi, et, au bout de cinq heures de travail au marteau-piqueur, le maillot des Red Sox portant le numéro 34 de David Ortiz a finalement été retrouvé. L'opération a coûté environ 50 000 $, soit environ cinq minutes de salaire pour Alex Rodriguez.
Le chandail, à moitié déchiqueté par le marteau-piqueur, a été remis à un institut de recherche sur le cancer de Boston, qui le vendra aux enchères et conservera les profits. Une poursuite contre le travailleur est envisagée, quoiqu'on ne sache pas trop de quoi on pourrait bien l'accuser.
Randy Levine a conclu: «Mauvais sort ou pas, il n'est jamais bon d'être coulé dans du béton à New York.»
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jdion@ledevoir.com
Vos réactions
correction - par Raymond Nepveu (raymond.nepveu@clcw.ca)
Le dimanche 20 avril 2008 05:00
la vision de l'histoire !!! - par Raymond Nepveu
Le jeudi 17 avril 2008 07:00

