Le Cabaret insupportable au Lion d'or - À pieds joints sur la complaisance

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Fabien Deglise
Édition du mercredi 16 avril 2008

Mots clés : Le Cabaret insupportable, Théâtre, Culture, Québec (province), Montréal

Photo: Céline Lalonde
Stéphane Crête, maître de cérémonie de ce Cabaret insupportable.

Les cartes étaient sur la table. Avec cette deuxième mouture de leur Cabaret insupportable, le duo Michel Monty et Brigitte Poupart, soutenu par l’ineffable Stéphane Crête, avaient une fois de plus l’envie de mettre les deux pieds dans le plat de consensus mou et de la complaisance crasse.

L’objectif a été presque atteint hier soir au Lion d’or à Montréal où une brochette de pinces sans rire, de jeunes cyniques bien de leur temps et de persifleurs atypiques ont pris, le temps d’un cabaret, le contrôle des planches. Sans retenue — ou presque — et avec des idées qui dérangent, pour faire rire.

Un militaire (Mathieu Quesnel) défendant avec un obscurantisme latent la mission canadienne en Afghanistan, une directrice de théâtre parlant des travers de la quête de subvention, un «joe cool» baptisé Brutal Bruno (Stéphane Demers) parodiant les émissions radio trash de la ville de Québec, ont très vite donné le ton de cette soirée placée sous le signe de l’insouciante légèreté de l’être urbain et des nombreux paradoxes qui viennent généralement avec.

Ces paradoxes, le duo de spécialistes en humour noir — Justin Laramée et Ian Murchison — semblent d’ailleurs les avoir très bien compris en distillant sur scène, avec un cynisme dérangeant, les statistiques de l’hypocrisie contemporaine: on se vante de recycler mais on produit huit fois plus de matières fécales en une année, selon eux. C’est un extrait.
Pris au vol par des Neurotransmetteurs, l’idée d’engagement en demi-teinte devient ensuite une sorte de reel du cynisme, avec en trame de fond la prolifération de l’opinion dans les journaux, l’industrie de la nostalgie (Passe-Partout est ici visé), «les pièges du consensus», les papiers commerciaux et l’enflure médiatique accompagnant les tempêtes de neige. Froid mais lucide, a confirmé la jeune foule rassemblée pour l’occasion.

Au milieu de cette ratatouille de critiques sociales, en dents de scie, Crête excelle dans le rôle du maître de cérémonie avec la fougue et surtout le petit ton naïvement cinglant qu’on lui connaît. Un atout qui lui permet de maintenir le rythme dans cet assemblage disparate et inconstant (la formule du cabaret est ainsi faite) de comiques, dont François Parenteau avec un numéro de siffleur chronique parlant d’accommodements raisonnables, et Didier Lucien en moraliste interrogatif, ont fait partie hier soir. L’aventure, avec d’autres têtes, d’autres sources de dérision et des invités spéciaux changeant d’un soir à l’autre, se poursuit jusqu’au 27 mai prochain. Généralement tous les lundis et quelques mardis de manière aléatoire. Pourquoi? Parce c’est comme ça quand on veut vraiment être insupportable.


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Rafraîchissant - par Jacques Brassard
Le mardi 22 avril 2008 00:00

Vous avez aimé... ou pas? - par Isabelle Gélinas
Le mercredi 16 avril 2008 19:00

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