Les prix à la pompe sont poussés vers des records
Mots clés : records, pétrole, Économie, Énergie, États-Unis (pays)

Photo: Agence Reuters
Depuis quelques jours, les cours du baril de brut battent quotidiennement leurs records, sous l'effet soit de fondamentaux haussiers, soit de facteurs conjoncturels, tel l'effritement du dollar américain, qui rend moins chères les matières premières et pousse les investisseurs à se protéger de l'inflation en s'en remettant au pétrole et à l'or, deux valeurs refuges. S'ajoute la spéculation et le jeu des anticipations, qui viennent gonfler les valeurs de référence d'environ 25 %, estime-t-on.
Le recul du dollar américain face aux principales devises vient toutefois amoindrir l'impact de la flambée des cours pétroliers lorsque mesuré en devises locales. Hier, l'euro s'échangeait à un peu moins de 1,58 $US et le dollar canadien, à 98,13 ¢US.
Hausse de 12 %
Ces pressions sur l'or noir se font donc sentir, mais dans une moindre mesure, sur le prix à la pompe. L'essence ordinaire a amorcé la semaine à 1,19 $ le litre à Montréal, pour s'échanger ensuite entre 1,14 et 1,24 $ le litre, en hausse de 12 % depuis le début de l'année. Le site Web d'Essence Montréal faisait ressortir hier des projections avançant pour aujourd'hui un prix du litre de l'essence ordinaire à 1,29 $, du jamais vu. Selon l'historique de prix de la Régie de l'énergie, il n'a dépassé 1,20 $ que quelques jours en 2005.
La pression sur les prix à la pompe est également bien réelle aux États-Unis, avec un prix moyen avoisinant hier les 3,38 $US le gallon (89 ¢US le litre), un sommet. Les records précédents dataient de 2005, au lendemain de l'ouragan Katrina. Cette mouvance s'insère dans un scénario dominant voulant que le prix moyen de l'essence atteindra les 4 $US le gallon (1,05 $US le litre) aux États-Unis au cours des prochains mois, au plus fort de l'été, et 1,50 $ le litre à Montréal.
Pour l'analyste Phil Flynn, du cabinet Alaron Trading, les investisseurs font le pari que la baisse de la demande énergétique prévue aux États-Unis, à cause du ralentissement économique, sera compensée par la progression de la consommation en Chine et en Inde, par exemple, dont les économies sont en forte croissance. Se greffent à ses anticipations les mouvements associés à la spéculation. «Les marchés pétroliers sont devenus un refuge pour les fonds spéculatifs, qui y investissent massivement, désertant les autres types de placements financiers», estime Phil Flynn.
L'envolée d'hier a été expliquée par des craintes sur les approvisionnements, après la fermeture de quatre terminaux alimentant les États-Unis, premier consommateur mondial d'or noir, par la société pétrolière publique mexicaine Petroleos Mexicanos (PeMex), pour cause de mauvais temps. «Il n'y aura aucune conséquence sur les livraisons», a affirmé à l'AFP Carlos Ramirez, porte-parole de PeMex, «à l'exception des retards». M. Ramirez n'a cependant pas annoncé de date de réouverture des terminaux, car «tout dépend des prévisions météo».
Par ailleurs, des incendies se sont déclarés sur les installations de la Naoc, filiale du groupe italien Eni, dans la région pétrolière du delta du Niger au Nigeria. La perte de production est évaluée à 5000 barils par jour. Premier producteur africain d'or noir, le Nigeria a vu environ un quart de sa production totale réduite en raison des violences dans les zones de production depuis janvier 2006.
En outre, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a estimé hier que la production pétrolière de la Russie -- un des principaux producteurs hors OPEP -- allait baisser en 2008, une première depuis environ une décennie. Au premier trimestre, la production russe est en baisse de 1 % par rapport à 2007. Parallèlement, la Chine a annoncé de son côté un bond de 49 % des importations de gazole en mars.
Avec l'Agence France-Presse
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