Candidat dans la circonscription de Rivière-du-Loup - VLB fera la lutte à Mario Dumont
Mots clés : Victor-Lévy Beaulieu, Mario Dumont, Rivière-du-Loup, Parti politique, Québec (province)
L'écrivain de Trois-Pistoles avait voté pour l'ADQ après avoir abondonné le PQ. Il a finalement trouvé refuge au sein du Parti indépendantiste.

Photo: Pedro Ruiz
Victor-Lévy Beaulieu renonce donc à l'idée de brûler l'ensemble de ses 70 oeuvres qui lui ont valu un énorme succès au Québec au fil des ans. Dans un geste d'éclat, le 26 février dernier, l'auteur avait brûlé le premier exemplaire de son tout dernier roman, La Grande Tribu, pour manifester son mécontentement vis-à-vis de ce qu'il perçoit comme un recul du mouvement souverainiste au Québec. Il menaçait de faire de même avec ses 69 autres ouvrages.
Mais ce passionné de l'écriture s'est dit profondément touché par les quelque 300 courriels qu'il a reçus en réaction à son geste, et qui lui demandaient de ne pas mettre sa menace à exécution.
«Les courriels que j'ai reçus, en majorité de jeunes, m'ont beaucoup étonné et ému. Contrairement à ce qu'on peut penser, les jeunes s'intéressent beaucoup à l'indépendance du Québec. Ils s'interrogent devant le portrait politique québécois actuel et cela a beaucoup influencé ma décision.»
Celui qui ne cachait pas son désarroi il y a moins d'un mois dit que leurs messages lui ont «redonné courage» et l'ont convaincu de «se retrousser les manches et [de]recommencer», des mots que l'ancien premier ministre péquiste Jacques Parizeau avaient prononcés le soir du référendum de 1995, comme le lui a rappelé un garçon de 17 ans par courriel.
«C'est M. Parizeau qui avait raison, mais recommencer avec qui, et comment, était la question qu'il fallait poser.»
Victor-Lévy Beaulieu affirme qu'il se sent «trahi» par le Parti québécois (PQ), qui a mis de côté, selon lui, le projet de faire l'indépendance. Mais faire le deuil du PQ n'a pas été facile pour ce fervent indépendantiste qui militait pour le PQ depuis les années 1970.
Il ne cache pas avoir voté pour l'ADQ lors des dernières élections provinciales.
«J'avais pris parti pour l'ADQ en me disant, si l'ADQ fait élire des députés, ce sera une bonne leçon pour le Parti québécois.» Mais aujourd'hui, Victor-Lévy Beaulieu dit qu'il n'a plus beaucoup de respect pour son chef Mario Dumont.
«Une chose qui m'a fâché, c'est qu'il a accepté de recevoir un salaire annuel additionnel de 50 000 $ du parti alors que les membres du parti l'ignoraient. Je trouve ça éthiquement indéfendable, scandaleux et injurieux de puiser ainsi dans la caisse du parti à l'insu de ses membres, alors qu'on prétend être un nouveau parti et agir en toute transparence.»
C'est donc sous la bannière du Parti indépendantiste d'Éric Tremblay, créé officiellement le 18 octobre dernier, que l'écrivain fera la lutte au chef de l'ADQ. Il explique son choix ainsi: «Un vote pour le Parti indépendantiste, c'est un vote pour l'indépendance, pour un parti social-démocrate qui prône la langue française comme la seule langue officielle du Québec, donc sans accommodements raisonnables sur la langue.» Des idéaux qui lui plaisent.
Il offre donc 44 de ses oeuvres au Parti indépendantiste, afin qu'elles servent à des activités de financement. Il n'exclut pas de lui remettre le reste de sa collection, si le besoin s'en fait sentir.
Victor-Lévy Beaulieu dit avoir déjà été approché par le Parti québécois il y a quelques années pour se présenter dans le comté de Rivière-du-Loup, ce qu'il avait refusé. Ce sera donc la première fois qu'il tentera sa chance en politique active.
L'écrivain ne laisse pas sa carrière de côté pour autant. Il travaille présentement sur un nouveau roman «dans la foulée de cette prise de conscience québécoise» qui se veut le «roman numéro 1 de notre indépendance».
- Lire aussi le texte de Victor Lévy-Beaulieu en page A 9

