Théâtre - Premiers bourgeons

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Michel Bélair
Édition du mardi 15 avril 2008

Mots clés : Théâtre-Ados, festivals, Culture, Théâtre, Québec (province)

Il y a des signaux plus clairs que d'autres, il faut bien l'avouer. Quand commence, par exemple, la saison des saisons -- ces deux ou trois indispensables semaines durant lesquelles la moindre compagnie de théâtre se donne la peine de nous prévenir, souvent le petit four à la main ou le grand escalier à portée de flash, de ce qu'elle nous prépare déjà pour Noël prochain, tsé --, c'est que la saison théâtrale vient d'entrer dans le dernier droit.

Oh, ce n'est pas fini, loin de là! Devant, dans la plaine un peu partout jusqu'aux pourtours de la couronne, comme certains le disent sérieusement, les compagnies amorcent à peine leurs derniers spectacles et il y en a encore pour un bon bout de temps avant d'avoir tout vu. Mais n'empêche que les tout premiers bourgeons des premiers festivals du printemps montrent déjà le bout du nez. Dans quelques semaines à peine, au moment de l'ouverture du deuxième festival TransAmériques, par exemple, l'on en sera déjà à s'enfoncer dans la forêt de plus en plus dense des festivités-z-estivales-z-ininterrompues-zzzz. Mais on n'y est pas encore tout à fait... ce qui nous laisse un peu de temps pour souligner l'amorce demain d'un événement important dont on ne parle jamais assez: la Rencontre Théâtre-Ados.

Pourquoi important? À cause de la conjonction des deux mots: «théâtre» et «ados». C'est un mélange explosif, le théâtre ados, on ne s'en rend pas assez compte. Un instrument de conscientisation incroyablement puissant. D'autant que l'on a développé le genre ici, au Québec, et qu'il est fort prisé maintenant un peu partout en Europe, peut-être d'abord parce que l'on sait y parler la langue de ces éternels incompris que sont les ados pour aborder les problèmes qu'ils affrontent tous les jours, comme la vie, la mort, le sens, l'amour, le cul, etc. La Rencontre Théâtre-Ados (RTA), donc, revient tous les deux ans et sa dixième édition est prévue pour avril 2009. D'ici là, et comme la demande est forte, la Maison des arts de Laval en présente une version limitée à trois spectacles d'où son nom: L'Entracte...

Bien sûr, c'est à Laval...

Il faudra peut-être vous munir d'une carte ou d'un GPS pour sortir de l'île et trouver le bon pont sans vous enfarger dans une bretelle d'autoroute et, qui sait, vous laisser emporter jusqu'à dieu sait où, d'une 640, ou pire: d'un échangeur, à l'autre... Mais on y arrive, maintenant. Surtout qu'avec le métro qui vous amène à deux pas, m'a-t-on dit, de la Maison des arts de Laval où se déroule le mini-festival (L'Entracte), il n'y a plus vraiment d'excuse qui tienne.

Alors donc, la chose s'amorce demain et propose trois spectacles aux adolescents «les plus voraces de découvertes et de curiosités». On vous signale tout cela parce qu'il y a aussi des représentations offertes au grand public d'une production que tous, ados ou non, se doivent d'avoir vue. C'est que l'on ne nous propose pas n'importe quel spectacle au RTA! Il s'agit même de deux «hénaurmes» choses et d'une performance belge dont on dit le plus grand bien.

Les deux «monuments» sont absolument vraiment totalement incontournables: il s'agit de King Dave de et avec Alexandre Goyette, et de Cette fille-là de Joan MacLeod alors que le spectacle belge, +vite que tes yeux!, est un amalgame de breakdance, de rap et de théâtre interprété par un réfugié du Kosovo (Bashkim Topojani) qui parle aux ados d'excellence et d'immigration, rien de moins. +vite que tes yeux! (qui prendra ensuite la route des Gros Becs) est offert en représentation tout public vendredi à 19 h 30 alors que King Dave le sera le mercredi 23 avril à 20 h.

La pièce d'Alexandre Goyette avait connu un succès fou lors des RTA en 2007. King Dave raconte, dans une langue irrésistiblement attachante, la descente aux enfers de David Morin, une sorte d'ado attardé, grand niaiseux sympathique «qui se prend pour un autre mais qui ne veut pas perdre la face» et qui se retrouve entraîné dans une spirale de violence de plus en plus absurde et gratuite. C'est une production que Goyette a jouée des centaines de fois depuis sa création et l'on souhaite que tous les ados de la Terre (et même leurs parents!) soient confrontés un jour à ce texte dérangeant qui parle du poids des apparences et de la vacuité des univers sans valeurs que l'on sait néanmoins en tirer parfois.

Quant à Cette fille-là, la production que l'on nous en propose est en fait une coproduction du Théâtre de la Seizième de Vancouver et de la Catapulte d'Ottawa; c'est celle que l'on vient tout juste de voir à la Maison Théâtre et aux Gros Becs, à Québec. Stéphanie Kym Tougas y est bouleversante de vérité... et l'on vous envie presque d'avoir un ado à portée de la main comme prétexte pour réentendre encore une fois le texte magnifiquement construit de Joan MacLeod qui parvient à nous toucher dans nos démissions quotidiennes et nos petites lâchetés les plus ordinaires.

Tout cela se passe à la Maison des arts de Laval -- faites quand même un peu attention... --, du 16 au 23 avril et l'on peut déjà réserver au tél: 450 667-2040.

Du pain et des marionnettes!

Bien sûr, on est un peu en avance, mais il vous faut tout de suite noter les dates: c'est les 13 et 14 mai qu'aura lieu cette année le Festival de théâtre anarchique de Montréal. L'événement aura pignon sur rue au D. B. Clarke Theatre de l'université Concordia, boulevard de Maisonneuve, et il s'inscrit comme à l'habitude dans le cadre du Festival de l'anarchie qui précède le Salon du livre anarchiste de Montréal (20 mai).

On vous en parle aujourd'hui parce que la programmation du festival s'enrichit chaque année et que l'on accueillera dans un mois des Français, des Québécois et même des Américains célèbres lors de la prochaine édition. En effet, le très réputé Bread & Puppet Theatre a déjà confirmé sa présence, et les billets pour les deux spectacles présentés par la mythique compagnie de Nouvelle-Angleterre sont déjà en vente (tél: 514 981-5330). Cette année, le Bread & Puppet nous rend visite avec The Divine Reality Comedy Circus (le 13 mai, à 19 h 30) et Photographs of my Corpse: A Puppet Service for Guantanamo (le 14, à 19 h 30).

On se souviendra que le Bread & Puppet n'a jamais cessé de défendre les valeurs politiques, humaines et sociales qui étaient celles de ce que l'on appelait le Mouvement dans les années 60 et 70 puis que l'on a trouvé plus commode de baptiser du terme générique et plutôt vide de «contre-culture». Les visites du Bread & Puppet à Montréal n'étaient pas rares à l'époque, mais elles se sont de plus en plus estompées jusqu'à tout récemment alors que l'on a vu réapparaître la compagnie dans le cadre du Festival de théâtre anarchiste. On ne peut que s'en réjouir!

En vrac

- Les finissants du Conservatoire d'art dramatique sont fébriles puisqu'ils en sont à la période de leurs examens terminaux qui prennent la forme, on le sait, d'exercice devant public. À Montréal, les élèves qui terminent leur formation en Jeu présentent Il était onze heures le soir, un texte écrit et mis en scène par Reynald Robinson. Les représentations ont lieu à la Cinquième salle de la PdA les 18 et 19 avril, à 20 h, le 20, à 15 h, à 20 h les 23, 24 et 25 et à 15 h et 20 h le 26 avril. On se souviendra du fait que l'entrée est gratuite, mais qu'il faut se procurer un laissez-passer avant le spectacle au guichet de la PdA ou par téléphone au tél: 514 842-2112. À Québec, les finissants en Jeu et en Scénographie proposent eux, du 4 au 9 mai à 20 h (avec relâche mardi), Répétition publique d'Enzo Cormann dans la mise en scène d'Érika Gagnon. Ici, le coût du laissez-passer est fixé à 5 $ et on peut l'obtenir en composant le tél: 418 643-9833.


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De la grande visite - par jean-marie francoeur
Le mardi 15 avril 2008 13:00

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