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Provocation policière lors de la manifestation
L'ambiance était festive et familiale, jusqu'à ce que les marcheurs franchissent le pont menant au quartier Hochelaga-Maisonneuve. Les policiers du SPVM ont alors insisté pour que le groupe se concentre sur le côté droit de la rue, de manière à ce que la circulation automobile en direction ouest demeure possible - ce qui était complètement idiot vu la densité de la foule et l'étroitesse de la rue Sainte-Catherine, entre Préfontaine et Pie-IX.
Plutôt que changer leur plan de match, les policiers ont décidé de l'imposer cavalièrement, en faisant des allers-retours à grande vitesse et en actionnant leurs sirènes, à travers la foule qu'ils avaient pourtant le mandat de protéger! Tassez-vous de là et rentrez dans le rang!
Ce qui devait arriver arriva: de nombreux contacts - que les bureaucrates de la SAAQ appellent une « collision » - ont eu lieu entre les véhicules de police et les marcheurs se tenant du mauvais côté d'une ligne blanche inexistante. Les esprits se sont échauffés lorsqu'un manifestant a failli se faire écrabouiller le pied. Pendant les échanges verbaux très musclés qui ont suivi, les policiers et la policière n'ont eu d'autre justificatif que de blâmer les manifestants d'avoir choisi la rue Sainte-Catherine pour défiler! Heureusement, aucun manifestant n'a cédé à la provocation.
Dans les minutes qui ont suivi, les manifestants ont dû affronter un autre genre d'agressivité: celle des automobilistes perdant patience dans les six voies de l'intersection Pie-IX, que les policiers avaient comme par hasard oublié de sécuriser.
Il ne fait nul doute que le droit de circuler en auto dans une portion somme toute insignifiante du quartier Hochelaga un dimanche après-midi, a eu préséance sur le droit des citoyens d'exprimer publiquement et pacifiquement leurs opinions.
Cela dit, un tel niveau d'incompétence de la part du SPVM me laisse perplexe. Cette manifestation a été annoncée un mois à l'avance, alors comment expliquer un tel cafouillage? Gardant en tête les images d'agents provocateurs à Montebello, je me demande quelles étaient les « directives » venues d'en haut. À mon avis, l'administration du maire Tremblay et le gouvernement Charest aimeraient bien pouvoir discréditer la Coalition pour humaniser la rue Notre-Dame et le parti Projet Montréal, en associant leurs membres à des casseurs qui endommagent sans vergogne les voitures de police. Pour cela, il faut bien entendu créer au préalable un climat d'anxiété, qui convaincra les nombreux parents, enfants et aînés en présence de rester à la maison la prochaine fois.
De plus en plus nous voyons à Montréal une distinction entre les « bonnes » manifestations dans lesquelles les policiers du SPVM se promènent à vélo ou en voiturette électrique pour se donner une image environnementale, et les autres manifs dans lesquelles les droits les plus fondamentaux des citoyens sont bafoués. Dix jours à peine après la venue d'Al Gore, venu convaincre les riches et puissants de la nécessité de lutter contre les changements climatiques, force est de constater que la manifestation du 13 avril est tombée dans la deuxième catégorie.
Bref, il semble clair que l'autoroute Notre-Dame passera coûte que coûte. Quitte à revivre les années Jean Drapeau où la mafia du béton faisait la loi sur les chantiers.
