Le secrétaire d'État français à la Francophonie arrive à Ottawa aujourd'hui

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

La Presse canadienne
Édition du lundi 14 avril 2008

Mots clés : Nicolas Sarkozy, Alain Joyandet, secrétaire d'État français à la Francophonie, France (pays), Canada (Pays)

Paris -- Tout en réaffirmant la volonté de la France de maintenir sa relation «directe et privilégiée» avec le Québec, le secrétaire d'État français à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet, reconnaît que Nicolas Sarkozy aura «sans doute sa propre façon d'approcher» la politique de la «non-ingérence, non-indifférence».

Alain Joyandet entreprend aujourd'hui une visite qui le conduira successivement à Ottawa, Montréal et Québec. Il compte bien profiter de ce séjour pour rassurer ceux qu'auraient inquiétés les déclarations de l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin voulant que le président soit «contre le ni-ni».

«On y va pour pacifier les choses», a résumé un conseiller du ministre, en insistant sur le souci de la France de «ne pas mettre les pieds où il ne faut pas», au moment où les relations entre Québec et Ottawa sont «apaisées».

Pour autant, la possibilité que Nicolas Sarkozy redéfinisse en octobre à Québec la politique traditionnelle de la France par rapport au Québec et au Canada n'est pas écartée.

«Le président aura sans doute sa façon d'approcher les choses, a admis Alain Joyandet. Mais il peut tout à fait en rester à cette position-là.»

Les propos tenus avant son départ de Paris par le secrétaire d'État (l'équivalent d'un ministre délégué au Québec) n'ont donc pas permis de dissiper complètement les ambiguïtés autour des intentions françaises.

Se référant à l'autre incantation utilisée depuis des décennies pour définir les relations franco-québécoises, Alain Joyandet a assuré que la France entendait «très clairement» maintenir sa «relation directe et privilégiée avec le Québec».

Cette formule, qui constitue à ses yeux la «colonne vertébrale» de la coopération franco-québécoise, le ministre «l'entérine» sans réserves. Mais il ne s'est pas vraiment compromis sur la «non-ingérence, non-indifférence», dont la portée politique et symbolique est indéniablement plus large.

«La relation directe et privilégiée n'est pas antinomique avec la position du ni-ni», a simplement affirmé Alain Joyandet, nommé il y a un peu plus de trois semaines.

Une éventuelle inflexion de la politique française de la «non-ingérence, non-indifférence», inventée en 1977 par le ministre gaulliste Alain Peyrefitte, devrait se traduire, analyse-t-on, par un rééquilibrage en faveur du Canada.

L'ex-ambassadeur du Canada à Paris, Jacques Roy, le pense aussi. Dans une lettre publiée ce week-end dans La Presse, il a estimé que la «fin du ni-ni», qu'il tient nettement pour acquis, était prévisible et «compréhensible», compte tenu des liens politiques et économiques «étroits» tissés ces dernières années entre la France et le Canada.

«Quelques ténors souverainistes [...] voudraient, semble-t-il, que la France les aide dans leur démarche vers l'indépendance même si l'appui à la souveraineté diminue au Québec. Les intentions du président Sarkozy sont pourtant faciles à expliquer: elles ne font que refléter l'évolution de nos relations», a écrit Jacques Roy.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com