Bernier veut se concentrer sur la formation des forces afghanes de sécurité
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Kandahar -- Le ministre fédéral des Affaires étrangères, Maxime Bernier, a estimé hier que le temps était venu pour le Canada de se pencher sur sa mission en Afghanistan afin d'établir des «bases de référence» en vue du succès des efforts que le pays mène pour former les forces locales de sécurité à Kandahar.
Il a expliqué s'être rendu en Afghanistan afin de prendre connaissance des préoccupations des diplomates, des travailleurs des milieux de l'aide internationale et des responsables militaires tels que le brigadier-général Guy Laroche, commandant des Forces canadiennes en Afghanistan.
M. Bernier a parlé de façon précise des efforts entrepris par le Canada à Kandahar en vue de former les membres de l'armée et de la police nationales afghanes, ainsi que de l'éventuelle stratégie de repli des troupes canadiennes déployées sur le sol afghan.
«Nous devons rentrer au Canada et avoir une discussion au sujet du futur de notre mission. Nous devrons donc établir des bases de référence quant à la formation de l'ANA [Armée nationale afghane] et de la PNA [Police nationale afghane]», a déclaré le ministre.
«Il était important d'avoir une rencontre avec le général et d'autres responsables afin de bien comprendre quels sont les défis auxquels nous faisons face en ce qui concerne la formation de l'armée nationale et de la police nationale», a-t-il ajouté.
Samedi, M. Bernier a affirmé lors d'une conférence de presse à Kaboul que le Canada comptait adhérer aux grands axes du Pacte de l'Afghanistan, élaboré au cours d'une conférence tenue à Londres les 31 janvier et 1er février 2006, à laquelle ont assisté des délégués de la communauté internationale, dont le Canada.
Rencontres avec Kouchner
Hier, M. Bernier a accueilli son homologue français Bernard Kouchner sur la piste du terrain d'aviation de Kandahar, après s'être entretenu avec lui la veille à Kaboul. Les deux hommes sont ensuite montés à bord d'un hélicoptère afin de rencontrer les membres de l'Équipe provinciale de reconstruction (EPR) du Canada à Camp Nathan Smith, de l'autre côté de Kandahar.
Le chef de la diplomatie française et son homologue canadien ont ensuite visité ensemble le détachement aérien français stationné sur la base aérienne de l'OTAN proche de Kandahar. «Nous sommes très amis avec le Canada. Nous sommes d'accord sur l'Afghanistan et sur le fait que la solution n'est pas militaire», a déclaré M. Kouchner à l'AFP. Il a d'ailleurs évoqué d'autres projets communs à l'étranger, dont la présence des deux pays dans le cadre de l'ONU dans la province soudanaise du Darfour.
Mais «il faut des moyens militaires pour que la sécurisation de l'Afghanistan se poursuive», a souligné M. Kouchner pour expliquer le prochain renforcement du dispositif militaire français, qui va être porté à 3000 soldats.

