Tibet - Le dalaï-lama refuse la voie de la violence

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AFP
Édition du lundi 14 avril 2008

Mots clés : Tibet, dalaï-lama, Violence, Chine (République populaire) (Pays), États-Unis (pays)

Seattle -- Le dalaï-lama a une nouvelle fois menacé de quitter ses fonctions, hier à Seattle, si les violences au Tibet échappaient à tout contrôle, tout en démentant vouloir la séparation de la région himalayenne d'avec la Chine.

Le chef spirituel des Tibétains s'exprimait devant la presse, en marge d'un cycle de conférences sur la compassion qu'il donne sur la côte ouest des États-Unis, au cours de son premier voyage à l'étranger depuis la répression chinoise au Tibet.

«Le monde entier sait que le dalaï-lama ne cherche pas l'indépendance ou la séparation» [du Tibet], a dit le Prix Nobel de la paix. «Si la violence échappe à tout contrôle, alors je n'aurai pas d'autre choix que de démissionner», a-t-il dit, avant de répéter: «Si la majorité des gens s'engagent dans la violence, je démissionne.»

Le dalaï-lama, âgé de 72 ans, qui vit en exil à Dharamsala, en Inde, a demandé une enquête internationale indépendante sur les manifestations et la répression des autorités chinoises. Mais il a aussi appelé les Tibétains à s'abstenir de toute violence et à ne pas perturber les préparatifs des Jeux olympiques.

Lhassa a été le théâtre des plus importantes manifestations au Tibet depuis le soulèvement de 1949 contre Pékin, faisant 20 morts selon la Chine, 135 à 140, selon le gouvernement tibétain en exil.

Le président chinois Hu Jintao s'est exprimé samedi pour la première fois sur la crise tibétaine, affirmant que le problème du Tibet ne relevait pas du champ des droits de l'Homme, mais de la souveraineté nationale.

«Si le dalaï-lama souhaite vraiment un accord, il doit le montrer par ses actions. S'il abandonne ses activités séparatistes, ses complots incitant à la violence, ses projets de sabotage des Jeux olympiques de Pékin, nous sommes prêts à tout moment à poursuivre le contact et le dialogue», a déclaré le président chinois, cité par la télévision centrale et l'agence officielle Chine Nouvelle.

La Chine accuse le dalaï-lama d'avoir fomenté les manifestations qui ont débuté le 10 mars dans la capitale tibétaine, Lhassa, avant de dégénérer le 14 mars en émeutes et de s'étendre aux provinces chinoises voisines où vivent des communautés tibétaines.

Le dalaï-lama a répété son soutien pour les Jeux olympiques et aussi pour le droit des manifestants à «exprimer leur sentiment profond». Il a appelé à la libération des personnes arrêtées pendant la répression, à l'octroi d'un traitement médical pour les blessés et à l'ouverture du Tibet à des contrôleurs internationaux afin qu'ils puissent enquêter en liberté.


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