Opinion

Lettres: Et le coût de l'étalement urbain?

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Pierre-Mathieu Le Bel, Géographe. Montréal, le 11 avril 2008

Édition du lundi 14 avril 2008

Mots clés : gratuité, étalement urbain, Québec (province)

C'est vrai, il y a une culture de la gratuité au Québec. Notre société n'a pas les moyens de continuer comme ça. Tout dépend évidemment de ce que l'on veut bien considérer comme étant superflu. De mon côté, j'ai toujours considéré l'éducation, la santé et, dans un pays comme le nôtre, l'énergie pour se chauffer, comme relevant du droit fondamental. Mais bon, il faut être de son époque, en l'occurrence celle de l'utilisateur payeur.

Aussi, je suggère de reconsidérer les coûts collectifs dus à l'étalement urbain. Les banlieusards paient moins de taxes alors qu'ils coûtent plus cher en infrastructures. Plus de mètres d'aqueducs, de câbles électriques, de routes..., plus de distances parcourues pour des produits de toutes sortes. Moins cependant de terres cultivables pour le pays (ce qui fait que l'on doit importer plus de denrées alimentaires). Moins, aussi, d'exercice physique pour ces gens de la route (ce qui se répercutera un jour ou l'autre dans les services de santé).

Croit-on vraiment que cette utilisation de l'espace est gratuite? Que les taxes foncières en vigueur ou les frais liés au permis de conduire et autres assurances couvrent les coûts sociaux de la banlieue? Que quelques postes de péages constituent une solution? À quand un rapport sur ce que nous coûte l'utilisation suburbanisée grandissante du territoire québécois?


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