L'état de santé du poète Aimé Césaire reste préoccupant

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Reuters , Le Monde
Édition du lundi 14 avril 2008

Mots clés : poésie, Martinique, Aimé Césaire, santé, France (pays)

C'est dans le cadre de la campagne présidentielle que Ségolène Royal a rencontré Aimé Césaire lors de sa visite en Martinique en janvier 2007.

Photo: Agence France-Presse

L'état de santé du poète martiniquais Aimé Césaire, 94 ans, hospitalisé depuis mercredi après-midi à Fort-de-France (Martinique) est «inchangé» et «toujours préoccupant», a indiqué hier soir le CHU de Fort-de-France.

«Monsieur Aimé Césaire est toujours hospitalisé au CHU de Fort-de-France. Son état clinique est inchangé, mais demeure toujours préoccupant. Il continue de bénéficier de soins attentifs», déclarait le CHU dans un second communiqué publié hier.

Alors que des rumeurs alarmistes courraient sur l'état de santé du poète, son successeur à la mairie de Fort-de-France, Serge Letchimy, avait annoncé son hospitalisation jeudi. Depuis, les Martiniquais sont tiraillés entre l'inquiétude et la résignation. À Fort-de-France comme dans les communes de l'île, ces deux sentiments étaient palpables, comme l'attestent les nombreux appels reçus par les médias pour s'enquérir du poète martiniquais.

Infatigable promoteur de l'autonomie - et non de l'indépendance- de la Martinique, Aimé Césaire a été de tous les combats contre le colonialisme et le racisme. Il a été l'élu de sa Martinique natale pendant plus d'un demi-siècle et est aujourd'hui toujours maire honoraire de Fort-de-France.

Ségolène Royal, qui l'avait rencontré lors de son déplacement en Martinique pendant la campagne présidentielle, lui a fait parvenir hier un message de sympathie.

«Tous et toutes, nous vous devons tant, écrit la présidente de la région Poitou-Charentes. Sachez simplement combien, de tout mon coeur, je souhaite que vous vous rétablissiez pour continuer à éclairer notre chemin. Sachez que celle que vous avez honorée en la disant "petite Martiniquaise" voudrait aujourd'hui vous transmettre à son tour un peu de la force que vous lui avez alors donnée.»

Aimé Césaire a consacré sa vie à la poésie et à la politique. C'est en 1939, dans son célèbre recueil Cahier d'un retour au pays natal qu'il entre en poésie et emploie pour la première fois le terme de «négritude». Le Sénégalais Léopold Sédar Senghor a attribué la paternité de ce concept (qui signifie: la conscience d'être noir) à Césaire, mais ce dernier préférait parler de création collective.


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