Technologie - Oui à la distribution de films par Internet, mais à quel coût?

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Bruno Guglielminetti
Édition du lundi 14 avril 2008

Mots clés : Blockbuster, films, Technologie, Internet, Cinéma, Canada (Pays), États-Unis (pays)

L'avenir de l'offre vidéo en ligne passe par une révision tarifaire de la consommation de la bande passante

Source Canoe Tv
Chez nous, l'offre télé sur Internet est grandissante. Que l'on pense au service à la carte de la télévision de Radio-Canada ou au service plus récent de Canoe TV, qui prépare une nouvelle programmation exclusive au Web pour la rentrée.

Mercredi dernier, le quotidien américain Hollywood Reporter rapportait dans son édition électronique que le géant de la location Blockbuster s'apprêtait à mettre sur le marché une petite boîte noire pour concurrencer l'Apple TV. Une petite boîte qui se branche à la télé, relié à Internet, pour permettre aux consommateurs d'accéder à une collection de plus de 6000 films sans jamais mettre le pied hors de leur demeure.

Je parle de Blockbuster aujourd'hui, mais je pourrais citer le cas de Microsoft qui propose déjà chez nous la même chose. Avec une sélection moins impressionnante certes, mais le service est là et sera bonifié avec le temps, si les consommateurs sont au rendez-vous et utilisent leurs Xbox 360 pour commander des films au moyen du service de location Xbox Live. Et ça, c'est sans parler du cinéma à la carte déjà disponible chez les Bell Express Vu et Videotron.

Internet entre en jeu

Ce qui diffère des nouvelles offres de Microsoft et de Blockbuster, comparativement à celles des Bell et Videotron, c'est l'utilisation d'Internet. Jusqu'à maintenant, lorsque vous décidiez de regarder un film en utilisant le service de la vidéo à la carte des deux grands distributeurs de signaux de télévision, vous utilisiez leurs réseaux et ils vous facturaient uniquement la location du film.

Mais avec l'arrivée des nouveaux services de distribution de film par Internet, le coût de location augmente sensiblement. Car lorsque vous utilisez un service de location en ligne, en plus de payer la location du film, vous devez également payer sa livraison chez vous. Au coût de location, il faut donc ajouter les coûts d'utilisation de votre bande passante. Une note encore plus salée si vous décidez de vous payer la version haute définition d'une oeuvre cinématographique.

Facture salée

Prenons l'exemple d'un abonné de chez Bell Sympatico qui décide d'utiliser la location en ligne de films comme source d'approvisionnement principale, peu importe le service de location. Sachant que sa limite de consommation mensuelle de bande passante est de 30 Go (avec un forfait mensuel vendu 29,95 $) et qu'il doit payer 7,50 $ par gigaoctet supplémentaire, on peut facilement comprendre qu'à 1 ou 2 Go le film en version normale et 4 ou 5 Go pour une version haute définition, le film en location en ligne revient plus cher pour le moment. Dans le pire des scénarios, si l'internaute est également un grand cinéphile en ligne, qu'il apprécie les films dans leur version HD, il y a de bonnes chances que le 7e ou 8e film du mois lui coûte plus de 30 dollars. À ce prix-là, il vaudrait peut-être penser à l'acheter.

Donc, vous le voyez bien, dans le contexte actuel de tarification dans lequel les Bell, Videotron et Rogers de ce monde nous ont isolés, il y a peu d'intérêt économique à utiliser ce type de service de location en ligne pour un cinéphile, à moins qu'il ne soit un cinéphile du dimanche, une fois par mois.

Du côté de la télévision

Et le scénario se répète dans le monde de la télévision en ligne. La semaine dernière, l'éditeur de logiciel Adobe mettait en ligne un nouveau lecteur média qui se double d'un service gratuit de vidéo à la carte. Disponible en version Mac ou PC, le lecteur Adobe Media Player 1.0 permet d'accéder à une vaste sélection de programmes issus des productions des chaînes américaines CBS, MTV, Comedy Network, Universal, PBS et Food Network, pour ne nommer que quelques noms. Une offre impressionnante, d'autant plus que ce type de programmation est généralement réservé aux internautes américains, ce qui n'est pas le cas avec ce nouveau lecteur avec lequel on peut accéder facilement à des séries comme CSI, Star Trek et autres séries populaires. Mais le hic, encore une fois, c'est la limitation de l'utilisation de la bande passante.

Chez nous, l'offre télé sur Internet est grandissante. Que l'on pense au service à la carte de la télévision de Radio-Canada ou au service plus récent de Canoe TV, qui prépare une nouvelle programmation exclusive au Web pour la rentrée, l'offre gourmande qui consomme de la bande passante ne cesse de nous être proposée.

Et à ça, je dois ajouter l'offre des webtélés québécoises. Selon la dernière recension du carnetier Dominique Arpin, on peut lire dans sa plus récente édition du WebTV hebdo, que plus d'une vingtaine de productions originales nous sont offertes cette semaine. Des productions qui consomment peu de bande passante comparativement aux longs métrages mentionnés ci-dessus, mais pas mal plus qu'une balado radio ou qu'une page Web.

Bref, l'avenir de l'offre vidéo en ligne passe probablement par une révision tarifaire de la consommation de la bande passante. Et à moyen terme, les Bell et Videotron de notre monde devront aborder la question, car eux aussi voudront s'assurer que les internautes regardent leurs productions vidéo en ligne pour pouvoir y insérer de la publicité à gros prix et générer encore plus de revenus, pour le plus grand bonheur de leurs actionnaires.

bguglielminetti@ledevoir.com

***

Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).


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