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Le National Post dévoile la vérité sur les aspects économiques du massacre des phoques

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Diane Bernier
Envoyé Le lundi 21 avril 2008 21:00



L'article qui figure ci-dessous a été publié précédemment sur le site web du National Post et est disponible en ligne ici. http://www.nationalpost.com/related_links/story.html?id=453009

L'article est tiré du National Post, le principal journal financier au Canada.

Des chasseurs de phoques subventionnés

Les dizaines de millions de dollars qu'Ottawa dépense pour subventionner la chasse aux phoques dépassent de loin les 6 millions de dollars que les chasseurs de phoques tirent de la chasse

Murray Teitel, Financial Post Publié le 18 avril 2008

Que vous pensiez que l'abattage de phoques est une bonne ou une mauvaise chose, ou que vous pensiez que cette activité est barbare ou humaine, vous devriez vous opposer à la chasse aux phoques annuelle du Canada. Selon le ministère des Pêches et des Océans du Canada (MPO), la chasse est justifiée par les possibilités économiques qu'elle offre aux collectivités côtières du Canada. L'année dernière, sur son site Web, le ministère indiquait que la valeur totale des avenues de développement économique engendrées par la chasse s'élevait à 12 millions de dollars, soit la valeur au débarquement de l'ensemble des peaux de phoque. Chaque peau a rapporté en moyenne 52 $. Selon les preuves présentées devant le Comité permanent des pêches et des océans du Parlement le 6 novembre 2006, la moitié de cette somme est engloutie par les dépenses, de sorte que nous parlons, au plus, de 6 millions de dollars qui sont donnés aux chasseurs de phoques eux-mêmes : un dixième de 1 % du PIB de Terre-Neuve-et-Labrador. (Cette année, ce montant sera encore inférieur puisque les peaux des « beaters* » âgés de trois à quatre semaines qui constituent 95 % des prises se vendent entre 6 $ à 33 $.)

Cette somme de 6 millions de dollars coûte aux Canadiens au moins dix fois plus, et cela année après année. En premier lieu, il y a les coûts liés au déploiement de la Garde côtière canadienne (la GCC) pendant la chasse aux phoques qui dure sept semaines chaque année. L'année dernière, 10 navires et avions y ont participé, ce qui comprend des brise-glace, des hélicoptères et des avions patrouilleurs. Personne au gouvernement ne sait, et encore moins ne veut savoir, quels en sont les coûts. Le MPO prétend que cela ne coûte rien puisque les bateaux et les avions leur appartiennent et que les équipages sont des salariés. Doit-on comprendre que la lutte contre les incendies à Toronto ne coûte rien puisque la ville est propriétaire des camions et que les pompiers ne sont pas payés « à la pièce »? Toronto engage des pompiers et achète des camions en fonction du nombre et de la gravité prévus des incendies. Une grande partie du travail de la GCC consiste à rescaper les chasseurs de phoques. Quelque 24 % de ses sauvetages de bateaux de pêche ont été effectués à cause de cette chasse. Sans elle, le budget annuel de la GCC pourrait être grandement réduit. Un des brise-glace déployé pendant la chasse, l'Amundsen, coûte 50 000 $ par jour en hiver en frais d'exploitation. Compte tenu du manque de transparence du MPO, on ne peut qu'évaluer les coûts annuels attribuables à la chasse qu'assume le MPO, qui devraient totaliser 5 millions de dollars.

En deuxième lieu, une catastrophe se produit chaque année. L'année dernière, c'était la glace dense qui a emprisonné des chasseurs de phoque pendant plusieurs jours. Certains ont même manqué de cigarettes! Le MPO a calculé les coûts excédentaires liés à la glace dense à 3,41 millions de dollars. Le ministère a également versé la somme de 7,9 millions de dollars aux propriétaires de bateaux endommagés par la glace. Cette année, quatre chasseurs de phoques se sont noyés et deux autres ont failli subir le même sort pendant qu'ils étaient rescapés par la Garde côtière canadienne, ce qui a engendré d'autres dépenses pour tenter sans succès de retrouver l'un des disparus et son bateau. Cette recherche, qui a duré une semaine et s'est déroulée sur une distance de 2 800 milles nautiques carrés, a nécessité l'intervention d'avions patrouilleurs, d'hélicoptères et de trois brise-glace. Les poursuites et les honoraires juridiques inévitables qui s'ensuivront s'élèveront facilement à plus de 6 millions de dollars.

En troisième lieu, des millions de dollars sont dépensés chaque année pour essayer de contrer les interdictions visant l'importation des produits du phoque. Nos partenaires de l'ALENA et quatre pays européens ont déjà mis en place de telles interdictions, et quatre autres pays ont annoncé leur intention de faire de même. L'Italie et le Luxembourg ont suspendu les importations. Le Parlement européen a décidé d'imposer une interdiction à l'échelle de l'Union européenne. Le Conseil de l'Europe a demandé à ses 46 membres de faire de même.

Le Canada a contesté la décision de la Hollande et de la Belgique devant l'Organisation mondiale du commerce à Genève. Non seulement cette procédure est-elle extrêmement coûteuse, mais elle compromet une relation que le Canada entretient avec deux pays avec lesquels le Canada jouit d'un excédent commercial. Nos 5,2 millions de dollars de produits du phoque bruts représentent moins de 1/1 000 de nos exportations en Europe.

Le MPO, depuis au moins 2003, envoie des dignitaires en Europe pour protester contre les interdictions. L'année dernière, au moins six de ces voyages ont été organisés. Par exemple, le 27 mars 2007, une délégation constituée de 17 personnes a été dépêchée au Parlement britannique pour une réunion à laquelle seulement cinq députés britanniques ont assisté. Le mois dernier, sept Canadiens, dont Loyola Sullivan, ambassadeur pour la conservation des pêches, le Premier ministre du Nunavut et un membre du Cabinet de Terre-Neuve-et-Labrador ont fait un voyage par avion d'une semaine dans quatre capitales européennes.

Malheureusement, il semblerait que ceux-ci utilisent les services d'un agent de voyage qui se spécialise à leur dénicher les tarifs les plus coûteux sur le marché. Quand, en janvier dernier, M. Sullivan s'est rendu dans cinq capitales européennes, le tarif aérien à lui seul a coûté 10 270,80 $. Quant à Kevin Stringer, du MPO, son voyage en avion à Paris le 5 septembre 2007 a coûté 4 459,65 $. Bien entendu, cela n'est rien si on le compare à la somme de 16 025,25 $ en billets d'avion dépensée par le directeur général de l'analyse économique du MPO pour se rendre en Australie et en Nouvelle-Zélande, avec lequel j'aimerais bien faire une analyse économique de son propre compte de dépenses. Hôtels, vins, repas et personnel de soutien, tout cela fait grimper la note.

Ils ont autant de chance d'endiguer cette vague que l'Allemagne en a eu d'arrêter les alliés après le jour « J ». La bataille est perdue. Mais à cause de leur fanatisme idéologique, ils ne cessent de lutter, confiants que le contribuable canadien, comme la morue, constitue une réserve inépuisable qui financera éternellement cette folie qui ne profite qu'à l'industrie du tourisme européen haut de gamme.

En quatrième lieu, la Humane Society des États-Unis (HSUS) a lancé en avril 2005 un boycott qui est en grande partie responsable de la baisse de 465 millions de dollars, rajustée en fonction de l'inflation, des exportations de crabe des neiges canadien, soit la principale exportation de fruits de mer aux États-Unis en provenance des provinces canadiennes qui s'adonnent à la chasse aux phoques. La valeur des exportations de crabe des neiges en 2007 est inférieure de 44 % à ce qu'elle était en 2004, l'année précédant le début du boycott.

HSUS a réussi jusqu'à maintenant à convaincre presque 3 600 entreprises américaines à participer au boycott, y compris les grands noms Publix (des ventes annuelles de 24 milliards de dollars), Whole Foods (7 milliards de dollars), WinCo Foods, Lowe's Foods, Harris Teeter (3 milliards de dollars chacune) ainsi que de plus petites entreprises axées sur la vente de fruits de mer comme Legal Sea Foods (400 millions de dollars). La chasse aux phoques crée moins de 1 % de la valeur des activités de pêche des provinces qui s'adonnent à cette chasse. Sacrifier 99 % pour gagner 1 %. Voilà un plan d'affaire impressionnant!

En dernier lieu, il ne faut pas oublier le coût de la bureaucratie du MPO lié à la chasse aux phoques qui, à lui seul, doit bien coûter plus que tout ce que gagnent les chasseurs de phoques : délivreurs de permis, comptables, dactylographes, commis aux dossiers, inspecteurs, personnes chargées d'établir les quotas, rédacteurs de règlements, « scientifiques », « statisticiens », « analystes économiques », rédacteurs de discours, agents des relations avec les médias, propagandistes anti-boycott, rédacteurs de réponses aux lettres de personnes en colère, organisateurs de voyages pour les journalistes européens (lorsque la chasse n'a pas lieu...), en somme toutes les personnes qui sont au service, selon les dires du MPO, de 5 000 à 6 000 (plutôt 2 000, à mon avis) personnes qui retirent en moyenne 1, 000 $ par année de l'abattage de 275 000 phoques. Il y a conflit d'intérêts puisque la Garde côtière relève de la compétence du MPO. Si c'était le ministère de la Défense qui était en contrôle, celui-ci se rendrait tout de suite compte que les montants dépensés pour la chasse aux phoques lui permettraient d'équiper tout un régiment d'artillerie.

C'est assez. C'est un gaspillage colossal de fonds publics. Et qu'en est-il des chasseurs de phoques? Les chasseurs de phoques devraient plutôt préférer que ces montants d'argent soient utilisés pour les former à des emplois qui font partie de l'économie du 21e siècle, plutôt que de demeurer des reliques des anciennes sociétés de chasseurs-cueilleurs.

- Murray Teitel est un avocat et un journaliste de Toronto.

Selon l'article du National Post ils est clairement démontré que la chasse aux phoques est subventionnée par le gouvernement ( pourtant sur le site du ministre des Pêches et Océans Canada on mentionne formellement que la chasse aux phoques n'est pas subventionnée au Canada depuis 2001 et que, même avant cette date, les faibles subventions accordées ne visaient que le développement du marché et des produits). Voici, mot pour mot, ce qui est écrit sur le site de Pêches et Océans Canada: Le MPO ne subventionne pas la chasse au phoque. La chasse au phoque est une industrie rentable. Toutes les subventions ont cessé en 2001. ( voir Mythe no 7: http://www.dfo-mpo.gc.ca/seal-phoque/myth_f.htm )

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