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Est-ce l'écologie ou la démocratie qui va nous tuer ?
Ainsi après nous avoir harangué sur les vertus des biocarburants voici que leurs leaders s'en distancent comme des rats quittant un navire qui coule.
En se substituant au pétrole requis dans les transports, les biocarburants devaient, en principe, diminuer les GES. On s'est vite rendu compte que la production d'éthanol à base de maïs requérait presque autant d'énergie qu'elle n'en produisait. Il s'agit en plus d'une monoculture nocive pour les sols. On la soupçonne aussi d'avoir fait augmenter le prix du panier d'épicerie. Même l'éthanol à canne à sucre du Brésil a son revers environnemental : sa culture engendre de la déforestation en Amazonie, l'écosystème le plus riche du monde en termes de biodiversité.
C'est aussi ce qui se passe en Indonésie avec l'huile de palme, mais à la puissance 10. Les Indonésiens rasent les forêts et assèchent les tourbières pour planter des palmiers, ce qui libère des quantités hallucinantes de GES. Conséquence logique de cet échec, les Pays-Bas ont annoncé, le mois dernier, la fin des subventions pour l'importation de l'huile de palme. En fait, depuis un an, plusieurs pays comme l'Australie, la France, l'Angleterre et l'Allemagne ont renoncé ou révisé leurs incitatifs financiers destinés aux fermiers, aux producteurs et aux distributeurs.
Pendant ce temps, on voit 150,000 mexicains déambuler dans les rues pour dénoncer la rareté du maïs élément de base à la fabrica<tion des tortillas. En cote d'Ivoire une manifestation contre à hausse du prix des denrées céréalières a tourné au drame faisant un mort et des dizaines de blessés.
Il faudra sacrifier combien de vies humaines pour combler les expectatives de ces écolos pélerins d'un monde meilleur, ces nouveaux bérets verts scandant : VERT DEMAIN.
