Stationnement de Montréal a doublé ses revenus depuis 2005

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Jeanne Corriveau
Édition du samedi 12 et du dimanche 13 avril 2008

Mots clés : tarifs, Stationnement de Montréal, Réseau routier, Économie, Montréal

La société en commandite a versé 43 millions à la Ville en 2006, contre 25 millions en 2005

La hausse des tarifs des parcomètres à Montréal, si impopulaire auprès des automobilistes, a fait bondir les revenus de Stationnement de Montréal. En 2007, cette société en commandite a enregistré des revenus de 57,6 millions de dollars, ce qui représente une augmentation de 50 % par rapport à l'année précédente.

De nouvelles bornes de stationnement, des tarifs à la hausse et des plages horaires élargies: voilà la combinaison gagnante qui fait le succès de Stationnement de Montréal. Dans son rapport financier rendu public hier, la société révèle qu'en 2007, les parcomètres en bordure de rue lui ont rapporté près de 50 millions de dollars, soit 17 millions de plus que l'année précédente et deux fois plus qu'en 2005.

Au cours de la dernière année, Stationnement de Montréal a poursuivi l'implantation de bornes de stationnement dans plusieurs arrondissements, dont ceux de Ville-Marie et du Plateau Mont-Royal. Ces bornes électroniques, dont le nombre est passé de 716 à 1105 en 2007, gonflent les revenus de la société en commandite, qui avait déjà observé qu'elles rapportaient plus d'argent que les anciens parcomètres dans une proportion de 10 à 15 %. Ce résultat s'explique notamment par le nouveau système de perception, qui ne permet pas à l'automobiliste de profiter des largesses de l'utilisateur précédent. De plus, les bornes électroniques s'avèrent plus fiables que les anciens parcomètres puisque les pièces de monnaie n'ont pas tendance à y rester coincées.

Les automobilistes ne seront toutefois pas étonnés d'apprendre que ce sont les hausses successives des tarifs imposées en 2006 et en 2007 par l'administration Tremblay-Zampino ainsi que l'ajout de plages de tarification qui ont propulsé les revenus de la société en commandite vers ces sommets inégalés. Rappelons qu'au cours de ces deux années, les tarifs ont doublé au centre-ville, passant de 1,50 $ à 3 $ de l'heure. En 2006, l'administration montréalaise a également prolongé jusqu'à 21h les heures d'utilisation des parcomètres les lundis, mardis et mercredis. Aussi, en 2007, le dimanche a cessé d'être un jour de répit pour les automobilistes.

Pour leur part, les revenus liés aux 49 terrains de stationnement sont passés de 2,7 millions à 3,1 millions entre 2006 et 2007.

Cette manne a profité à la Ville puisque Stationnement de Montréal lui a versé 43,3 millions l'an dernier, comparativement à 25,1 millions l'année précédente. De cette somme, dix millions seront consacrés au Fonds de la propreté, créé en 2006, alors que le reste servira à équilibrer le budget de la Ville.

Le stationnement constitue d'ailleurs une filière intéressante pour la Ville puisque aux revenus des parcomètres se sont ajoutés ceux des constats d'infraction dressés par les agents de stationnement, qui ont représenté des sommes de 53 millions en 2007. De son côté, le Service de police de la Ville de Montréal a récolté 75 millions au cours de la même période pour des infractions liées à la circulation. Toutefois, il faut préciser que ces chiffres comprennent aussi les contraventions liées au Code de la sécurité routière.

Grogne au centre-ville

Si la hausse des tarifs et l'étalement des plages horaires des parcomètres font maugréer les automobilistes, ils horripilent les commerçants du centre-ville, qui soutiennent que leur chiffre d'affaires en a souffert. «C'est un cauchemar», a résumé André Poulin, président de Destination Centre-ville, un regroupement de commerçants et de gens d'affaires. «C'est effrayant parce que c'est au centre-ville que Stationnement de Montréal récolte le plus d'argent. La hausse des coûts de stationnement prend en otage des gens qui sont obligés de venir au centre-ville pour y travailler ou pour faire des affaires. Ils n'ont pas le choix, ils paient, mais ils ne sont pas contents et ils n'ont pas une expérience agréable du centre-ville.»

M. Poulin estime que les parcomètres, qui devaient à l'origine faciliter la fréquentation des quartiers d'affaires et favoriser le partage des places de stationnement, ne jouent plus leur rôle. Ils constituent désormais une vache à lait pour Stationnement de Montréal et pour la Ville. «On ne sait pas trop où va cet argent. Si ça va à la propreté, les résultats ne sont pas tangibles, a ajouté M. Poulin. Si au moins ça servait à l'embellissement du centre-ville, mais ce n'est pas le cas. Je crois qu'on est en droit de se poser des questions sur Stationnement de Montréal.»

Par ailleurs, M. Poulin soutient que, contrairement à ce qu'affirme la société en commandite, le coût des stationnements tarifés dans la métropole est plus élevé que dans bien d'autres villes nord-américaines. «C'est moins cher à Paris, à New York et à Boston, a-t-il soutenu. Le problème, c'est que Stationnement de Montréal fait constamment référence à Vancouver, où c'est effectivement plus cher, mais on est loin de Vancouver. Au contraire, aux États-Unis, on fait des efforts pour inciter les gens à revenir au centre-ville. À Boston, ça coûte 1 $ de l'heure, alors qu'à New York, c'est 2 $ de l'heure.»

Perspectives pour 2008

Les tarifs de stationnement ne devraient pas augmenter en 2008, mais Stationnement de Montréal a plusieurs projets dans ses cartons. La société étendra ses activités sur un plus grand territoire car elle a obtenu le mandat de gérer les opérations de stationnement des arrondissements de Saint-Laurent, Lachine et Outremont. «On voit que l'appréhension a été remplacée par une reconnaissance des champs de compétence de la société», a soutenu Roger Plamondon, président de Stationnement de Montréal. «On demeure confiants d'étendre l'implication de la société à l'ensemble des arrondissements de la Ville de Montréal.»

Au cours de l'année, Stationnement de Montréal procédera à l'installation de quelque 500 nouvelles bornes, notamment dans les arrondissements d'Ahuntsic-Cartierville et d'Outremont. La société s'affairera également à implanter un système de vélos en libre service, un mandat que lui a confié l'administration montréalaise. «La conception du design du vélo par Michel Dallaire est en cours présentement. On prévoit avoir les 40 premiers vélos sur le territoire de la Ville au mois de septembre sous forme de projet-pilote avec trois ou quatre stations», a expliqué M. Plamondon. Au printemps prochain, quelque 2500 vélos seront mis à la disposition des Montréalais, a-t-il ajouté.

Stationnement de Montréal entend aussi poursuivre l'étude d'un projet de publicité imprimée avec des coupons de stationnement au verso, un concept qui a déjà fait l'objet de deux essais au cours des derniers mois.


Vos réactions


Parco-Maîtrisé=vol. - par Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Le samedi 12 avril 2008 08:00

Et voila pourquoi je met le moins possible le pied à Montréal - par Claude Stordeur
Le samedi 12 avril 2008 08:00

Pourquoi des parcomètres ? - par François Lalonde
Le samedi 12 avril 2008 08:00

Montréal versus ses banlieues - par Sammy Dalva (sammy.dalva@videotron.ca)
Le samedi 12 avril 2008 07:00

Paris plus cher de Montréal - par David 55
Le samedi 12 avril 2008 06:00

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