La vaccination contre le VPH commencera en 4e année

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La Presse canadienne
Édition du samedi 12 et du dimanche 13 avril 2008

Mots clés : vaccination, cancer du col de l'utérus, virus du papillome humain, Maladie, santé, Québec (province)

Québec a fait connaître hier les modalités du programme de vaccination des jeunes filles contre le virus du papillome humain, qui peut causer le cancer du col de l'utérus.

Les jeunes filles seront vaccinées dès la 4e année du primaire, ainsi qu'en 3e année du secondaire, dans le milieu scolaire, et ce à compter de la rentrée scolaire de septembre prochain.

Le ministère profitera du programme de vaccination contre l'hépatite déjà prévu pour ajouter ce vaccin contre le virus qu'on appelle plus communément le VPH.

Entre la 4e année du primaire et la 3e année du secondaire, les jeunes filles seront vaccinées gratuitement si elles sont jugées à risque.

Les autorités médicales considèrent que c'est entre neuf et onze ans que les jeunes filles ont «la meilleure réponse immunitaire, la meilleure production d'anticorps», a expliqué le Dr Alain Poirier, directeur national de la santé publique du Québec. Et il est préférable de les vacciner avant qu'elles commencent à être actives sexuellement.

Le calendrier de vaccination prévoit trois doses dans un délai de six mois. «En espaçant les doses, on permet d'avoir de meilleures réponses et une protection de plus longue durée», a expliqué le Dr Philippe de Wals, président du comité d'immunisation de l'Institut national de santé publique du Québec.

L'autorisation des parents sera requise pour les jeunes filles de moins de 14 ans, comme c'est le cas pour les autres vaccins. Ceux-ci recevront donc un formulaire qu'ils devront signer.

Le virus du papillome humain peut causer le cancer du col de l'utérus, ainsi que des verrues anales et génitales. Il se transmet pendant des relations sexuelles, même des relations sans pénétration.

Chaque année au Québec, 325 femmes apprennent qu'elles ont un cancer du col de l'utérus et 80 en meurent.

Le Dr Poirier prend soin de préciser que la vaccination contre le virus du papillome humain ne remplace pas le dépistage du cancer du col de l'utérus. «Est-ce que ça remplace le dépistage? La réponse est non, non, non et non. Le dépistage doit continuer. Ça ne protège pas, ce vaccin, contre tous les cancers causés par le VPH.»

Les autorités estiment que le vaccin permettra de prévenir 70 % des cancers du col de l'utérus, sans compter le nombre de verrues génitales et anales qui seront évitées.

Entre 70 et 80 % des gens seront infectés par ce virus au cours de leur vie. La plupart des personnes l'éliminent spontanément de leur corps.

Cette campagne de vaccination coûtera aux autorités au moins 50 millions de dollars cette année, dont 40 millions uniquement pour l'achat du vaccin. D'autres provinces ont emboîté le pas, de même que les États-Unis.

Réaction

La présidente de l'Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, la Dre Diane Francoeur, a accueilli «avec enthousiasme» la nouvelle.

«Tous les jours on voit les conséquences des infections du virus du papillome humain. Pour nous, ce vaccin tombe directement du ciel», s'est-elle exclamée.

«Le cancer du col est extrêmement mutilant. Quand les symptômes arrivent, souvent le cancer a déjà envahi l'intestin, la vessie. Il faut qu'on fasse des chirurgies qui sont extrêmement mutilantes pour la femme, où on va enlever un bout de vessie, un bout d'intestin [...]. Alors, si on me propose une option pour diminuer l'incidence de cette maladie, c'est certain que je vote pour», a lancé la Dre Francoeur.


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